RENDEZ-VOUS DE WEIMAR AVEC L’HISTOIRE
DU 13 AU 15 NOVEMBRE 2015
« OÙ VA-T’ON ? VISIONS D’AVENIR - HIER ET AUJOURD'HUI »

Conférences –  Films – Tables rondes  –  Ateliers – Concert
La septième édition des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire se penche sur « l'avenir ». Tables rondes, conférences, films et une soirée musicale y sont consacrés.

 

Atelier trilatéral pour lycéens
A quoi ressemblera notre société dans 50 ans ?
Du 3 au 9 Novembre – Cracovie (Pologne)
avec 15 lycéens de Weimar, Blois und Cracovie
Sous la direction d’Anna Wellebrouck et Sylvie Henry Chacun (Lycée Augustin Thierry de
Blois), Anne Teske et Christine Scheller (Lycées Goethe et
Schiller de Weimar), Dorota Loos et Agata Reichert-Zaczek
(Lycée Sobieskiego de Cracovie)

Les participants de ce programme trilatéral ayant lieu chaque année depuis 2010 se retrouvent cette fois à Cracovie afin de réfléchir à la question suivante : Quelle direction la société va-t-elle prendre à l’avenir ? Ils se pencheront notamment sur les domaines de l'éducation, du travail, des loisirs, de l'environnement et de la politique dans leur pays respectif. En groupes de travail mixtes polonais, allemand et français, ils développeront un jeu de société, mettront au point des récompenses pour les joueurs ou encore inventeront des cartes-événements qui seront autant d’obstacles pour arriver au but. Attendez-vous à des discussions passionnantes et passionnées entre les jeunes au sujet de ce qu’ils pensent être une société « meilleure » pour l'avenir !

 

Jeudi

 

Atelier universitaire trilatéral
Cérémonie d’ouverture officielle
« La paix perpétuelle » en Europe : de l'utopie à la réalité ?
12 novembre, 18 h – Université Friedrich Schiller d’Iéna, bâtiment principal HS 24
Avec des étudiants de Poznań, Paris et Iéna sous la direction de Prof. Dr Michael Dreyer, Dr Andreas Braune, Dr Alice Volkwein, Dr Sébastien Bertrand, Dr Jerzy Kolacki et Dr Katarzyna Woniak
En collaboration avec l’Université franco-allemande et l’Université Friedrich Schiller d’Iéna
L’atelier a lieu les 13 et 14 novembre à Iéna et Weimar.

Après chaque grande guerre en Europe, et ce depuis le XIIe siècle, des projets ont été conçus pour empêcher les guerres à l'avenir et installer la « paix perpétuelle ». Les participants de cet atelier trilatéral placé sous le signe des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire se pencheront sur quelques-uns de ces projets. Dans le cadre du Triangle de Weimar, les étudiants de Paris présenteront l’essai de Kant Vers la paix perpétuelle, leurs homologues de Poznan présenteront quant à eux le projet de paix de l'abbé de Saint-Pierre popularisé par Jean-Jacques Rousseau, et du côté d’Iéna ce seront les Idées sur la loi instaurant la paix perpétuelle en Europe de Wojciech Jastrzębowskis. À la lumière des crises et défis actuels, ils discuteront de la question de savoir si l'Union européenne – lauréate du prix Nobel de la paix – est en mesure de concrétiser ces projets audacieux, et si oui, dans quelle mesure.

 

Vendredi

 

Atelier
Carte blanche Association Weimarer Republik e.V.
Hymnes – Drapeaux – Héros
Quelle importance les symboles nationaux ont-ils pour la démocratie ?

13 novembre, de 9 à 13 h – Musée municipal Weimar
Animation : Dr Frank König (Weimar)
Participant : Classe de seconde du Lycée Humboldt, Katja Leonhardt

Notre démocratie possède un ensemble de symboles nationaux dont le but est avant tout de créer une identification entre les citoyens et l'Etat. Beaucoup de ces symboles tirent leur origine de la République de Weimar. A cette époque, les pères de la jeune démocratie devaient se distinguer des signes extérieurs de l'Allemagne impériale et créer quelque chose d’entièrement nouveau. Aujourd'hui, ces emblèmes n’ont presque pas pris une ride et ont pénétré la conscience nationale. Pourtant, au cours du siècle dernier notre société a évolué. Ne faut-il pas se poser la question de la pertinence de ces symboles nationaux ? Et comment devraient-il être conçus à l'avenir ?

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Atelier
Projet scolaire abibac
Le Familistère : une utopie sociale couronnée de succès ?
Du 9 au 13 novembre – Lycée Humboldt de Weimar
Représentation le 13 novembre à 12 h au Lycée Humboldt de Weimar
Noémie Terrisse (Lycée Félix Faure de Beauvais), Kai Sauer (Lycée Humboldt de Weimar)
Mise en scène : Matthias Purdel (Weimar)

En Picardie, la région française jumelée avec la Thuringe, un projet futuriste fascinant a vu le jour au milieu du XIXe siècle. Dans la petite ville de Guise, le riche industriel Jean-Baptiste André Godin, un vrai self-made man, essaya de trouver la solution au grave problème social dans la lignée de l’utopiste socialiste Charles Fourier. Godin fit ainsi ériger sa propre petite ville, le Familistère, dans laquelle les ouvriers de son usine vivaient dans un véritable Palais social tout en profitant de nombreux agréments : éducation, théâtre, hygiène, confort, communauté... Et Godin avait de la suite dans les idées. Peu à peu il transféra en effet la propriété du Familistère ainsi que de son usine à la coopérative de tous ses employés ! Mais un tel système peut-il fonctionner ? Et si oui, cela pourrait-il être un modèle pour notre avenir, voire également au Bangladesh ou en Chine ? Le groupe scolaire binational composé d’élèves de Beauvais et de Weimar se penche sur cette utopie devenue réalité au XIXe siècle, et ce, de manière divertissante : ils traiteront en effet l’histoire comme un film policier et la mettront en scène sous forme d’une petite pièce de théâtre. Ils réfléchiront également aux problèmes qui se posèrent au fil du temps dans le projet de Godin. Mais attention, aucune raison de considérer le Familistère comme une affaire classée ou comme un échec historique. Ce projet avait un grand avenir devant lui et il a fonctionné de 1859 à 1968 – soit plus d’un siècle !

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Table ronde
Carte blanche à l’association Weimarer Republik e.V.
Réconciliation entre capital et travail ?
La politique sociale de la République de Weimar est-elle encore d’actualité ?

13 novembre, 14 h – Musée municipal Weimar
Prof. Franz-Josef Düwell (Weimar), Sandro Witt (Erfurt), Dr Matthias Kreft (Erfurt)
Présentation: Stephan Zänker (Weimar)
En collaboration avec le DGB et l’Union de l’Economie en Thuringe e.V.

Les innovations dans le domaine du droit social et du travail font sans aucun doute partie des plus grandes réalisations de la période de Weimar. Pour la première fois dans l’histoire, la République de Weimar inscrivit non seulement les droits civils mais également les droits sociaux dans sa constitution. Le concept de partenaires sociaux ainsi que les négociations collectives entre employeurs et employés tirent leur origine dans l'accord Stinnes-Legien de 1919. En 1927, pour la première fois l'assurance-chômage offrait aux travailleurs une protection de l’Etat social en cas de chômage involontaire. Ces étapes fondamentales du droit du travail allemand ne sont pas reconnues à leur juste valeur par l’opinion publique compte tenu de la disparition de la République de Weimar. Ces acquis sont-ils immuables ou sont-ils mis en péril par l’Agenda 2010 et la loi sur le tarif unique ?

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Conférence
Carte blanche à l’association Weimarer Republik e.V.
« Si nous refusons : il n'y aura plus jamais de guerre ! »
Le mouvement pacifiste dans la République de Weimar
13 novembre, 16 h – Musée municipal Weimar
Dr Claudia Kemper (Hambourg)
En collaboration avec la Fondation Heinrich Böll

Putsch de Kapp, assassinat de Rathenau, défilés, salles de concert dévastées et combats de rue pour des motifs politiques – notre image de la République de Weimar est marquée par des différends politiques pour le moins musclés. Cet accroissement de la violence s’explique notamment par les expériences de la Première Guerre mondiale. Cependant, certaines voix appelaient bel et bien à la raison et à la coexistence pacifique, tant à petite qu’à grande échelle, la Première Guerre mondiale leur servant de contre-exemple. C’est ainsi que des personnalités comme Carl von Ossietzky, Kurt Tucholsky, Ludwig Quidde ou encore Helene Stocker ont milité pour la paix. En 1921, Tucholsky exprima dans un article paru dans le « Hamburger Echo » son espoir d’un avenir sans guerre : « Si nous refusons : il n'y aura plus jamais de guerre ! ». Un espoir qui à l’époque ne fut pas comblé, et qui aujourd’hui encore est bien loin de l’être.

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Cérémonie d'ouverture
L’argent du futur – Un futur sans argent ?
13 novembre, 18 h – Ecole de musique Ottmar Gerster, Weimar
S. A. S. Prince Stefan du Liechtenstein (ambassadeur de la principauté du Liechtenstein à Berlin), Prof. Dr Benjamin-Immanuel Hoff (Ministre des Affaires européennes de l'Etat libre de Thuringe)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)

L'argent gouverne le monde, dit-on. Mais qui gouverne l'argent ? Et l’argent n’implique-t-il pas toujours un pari sur l'avenir ? En l’occurrence, que demain et après-demain je serai en mesure de me procurer à peu près la même chose et pour un montant plus ou moins équivalent à celui d’aujourd'hui. Mais parler de la « valeur de l'argent » peut également être compris différemment, à savoir : la question de la place et de la valeur symbolique qu’une société attache à l'argent. Quelle attraction exerce l'argent sur ceux qui le possèdent – ou sur ceux qui aimeraient en posséder davantage ? En outre, l'argent est fétichisé et devient une valeur en soi, laquelle nous fait oublier qu’il n’est en réalité qu’une monnaie d'échange entre différents biens et services. Quant à l'utopie communiste, elle affirmait que la société serait un jour capable de fontionner complètement sans argent. Et pourtant, le socialisme réel a lamentablement échoué à dévaluer l’argent, tant sur le plan monétaire que social.
Et c’est ainsi que la société contemporaine se retrouve bien souvent perplexe et dépourvue d’utopies face à la question de la valeur que nous souhaitons à l’avenir attribuer à l'argent.

 

Samedi


Table ronde
Le rêve détruit ? Histoire, présent et futur des utopies
14 novembre, 10 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Martin Sabrow (Potsdam), Dr Andreas Heyer (Braunschweig), Prof. Dr Mathias Lindenau (Saint-Gall)
Présentation : Dr Andreas Braune (Iéna)

En 1516, l'humaniste anglais Thomas More publiait un roman fantastique intitulé « Utopia ». Depuis, la représentation d’espaces et de temps reculés où les problèmes majeurs de l’humanité seraient résolus font partie du répertoire fondamental de la réflexion humaine. Au cours des siècles, les utopies pleines de rêves, d’espoir et d’imagination ont évolué avec les défis posés par les différentes époques. L'histoire est toute aussi riche en tentatives de réaliser ces utopies. À petite échelle, les kibboutz israéliens ou encore certaines communautés utopistes constituent des laboratoires quant à la manière dont les êtres humains peuvent coexister. Mais à grande échelle ces « laboratoires » peuvent causer des dommages considérables. Depuis que la version réelle de l'utopie sociale la plus influente, le communisme, a échoué, la pensée et l’action utopiques semblent discréditées. Pourtant, les problèmes ne manquent pas dont la solution demanderait également beaucoup d’imagination. Alors, où sont passées les utopies écologiques, sociales et politiques du 21e siècle ?

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Table ronde
En avant... aux oubliettes ?
Se souvenir des espoirs de 1989

14 novembre, 12 h – Librairie Eckermann Weimar
Ulrike Poppe (Berlin), Prof. Dr Włodzimierz Borodziej (Varsovie),
Dr Kirill Levinson (Moscou)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)
En collaboration avec l’Institut Polonais de Berlin, filiale de Leipzig

1989 : « L’année des miracles » de l'histoire récente européenne remonte déjà à plus de 25 ans. Mais où est passée aujourd’hui la vision des défenseurs des droits humains, des citoyens courageux ainsi que des personnalités politiques engagées, de toutes celles et ceux qui ont promu le tournant politique du début des années 90 dans leur pays ? 2014/2015 est-il l’anniversaire des espoirs perdus, des visions fanées et des utopies déçues ? Ou faut-il se souvenir de l’élan d’alors de telle sorte que la critique et l’opposition constructive soient encore possible aujourd'hui ?

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Table ronde
Que reste-t-il de privé ? Surveillance et mégadonnées sont-elles notre avenir ?
14 novembre, 14 h – Librairie Eckermann Weimar
Peter Schaar (Berlin), Prof. Dr Jörn Lamla (Kassel), Prof. Crister S. Garrett (Leipzig)
Présentation : Kai Biermann (Berlin)

Vivons-nous aujourd’hui dans le futur imaginé par George Orwell pour l’année 1984 ? Les révélations sur les programmes de surveillance des services secrets occidentaux ainsi que la frénésie de collectes des données par les multinationales de l'Internet ont rendu la surveillance de masse bien réelle. Comment allons-nous y faire face à l'avenir ? Et pouvons-nous encore apprendre des avertissements du passé ?

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Table ronde
Visitons le futur ! Les expositions universelles conjuguées au passé et au présent
14 novembre, 15 h – Musée municipal Weimar
Erol Altunay (Francfort-sur-le-Main), Dr Steffen Sammler (Braunschweig),
Prof. Dr Johann Chapoutot (Paris)
Présentation : Severin Schmidt (Bonn)

La première exposition universelle de Londres en 1851 et son palais de cristal hissèrent cette manifestation au premier rang des événements présentant des visions futuristes. Comment allons-nous vivre, travailler, nous loger, voyager à l’avenir ? L’Expo Milano 2015 a également tenté de répondre à cette question : Comment nourrir la planète ? Les expositions universelles ont été et sont encore des laboratoires de la modernité technologique, architecturale, esthétique et consumériste, elles explorent ce qui pourrait devenir la réalité de chacun et chacune dès demain. Dans le cadre de cette table ronde, le directeur du pavillon allemand à Milan ainsi que deux historiens se pencheront sur le passé et le présent des expositions de demain.

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Discussion
Weimar : une grande utopie ?
14 novembre, 16 h – Librairie Eckermann Weimar
Hellmut Seemann (Weimar) discute avec Dr Frithjof Reinhardt (Bad Berka)

Qu'est-ce que le « classicisme de Weimar » a-t-il de commun avec l’« utopie » ? À première vue, rien, à part le fait que tous deux ne sont pas très à la mode. S’il y a bientôt cinquante ans, la pensée utopique était sur toutes les lèvres, qu’en est-il aujourd'hui ? La pensée visionnaire ne jouit pas d’un grand prestige et ne peut s’affirmer face à ce qui semble être « sans alternative ». À la rigueur, il est permis d’avoir des projets, mais réalistes et réalisables. Pourtant, même en 1800 lorsque les classiques de Weimar étaient en action, on ne pouvait pas vraiment parler d’utopie à Weimar. Le potentiel utopique a fait son entrée dans l'histoire au cours de la Révolution française, mais c’est justement l’époque classique de Weimar qui se proposa de limiter dans la réalité les risques pouvant en découler. L’époque classique souhaitait notamment être un antidote efficace, un antidote grâce auquel il serait possible de contrer le désordre sauvage de la révolution sanglante. Mais Goethe, Schiller, Herder et Wieland savaient pertinemment qu’une fois ouverte, la boîte de Pandore ne pouvait être refermée. Et c’est ainsi, justement parce que les classiques rejetaient l'utopie de leur époque, que surgit pour eux la nécessité de se confronter au risque de l’utopie réelle, de penser eux-mêmes de manière utopique ou tout simplement de consolider la sphère artistique comme une ébauche utopique de la liberté.
C’est sur ces sujets que se pencheront le philosophe Dr Frithjof Reinhardt et Hellmut Seemann de la Fondation Klassik, tous deux collaborateurs de l’Académie Weimar-Iéna.

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Table ronde
« L’homme nouveau » ou
Comment les utopies passées s’imaginaient-elles l’être humain idéal ?

14 novembre, 17 h – Musée municipal Weimar
Jun.-Prof. Dr Anne Kwaschik (Berlin), Prof. Dr Jörn Düwel (Hambourg), Prof. Dr Bernd Wedemeyer-Kolwe (Hannovre)
Présentation : Prof. Dr Yvonne Kleinmann (Halle)

Depuis que l’humanité réfléchit à sa propre histoire, elle spécule également sur son avenir et sa capacité de développement. Toutes les grandes religions ont développé une cosmogonie et des images d'un être humain idéal. À l’issue du Moyen-Âge, ces images furent reprises et transformées en utopies d'un « homme nouveau », visant à créer une communauté humaine idéale, peuplée d’humains au corps parfait, et où l'exploitation et la reproduction artificielle de l’espèce humaine seraient optimales. La table ronde présentera trois modèles historiques de « l’homme nouveau ». Le premier modèle porte sur les « nouveaux hommes et nouvelles femmes » du début du socialisme français, lequel formulait bien avant la Révolution de 1848 – 1849 l’ébauche théorique d'un Etat idéal et de la propriété collective. Le deuxième est marqué par les utopies liées au corps dans la République de Weimar, notamment les conceptions humaines alternatives et provocatrices rendues possibles par un nouvel ordre démocratique. Le troisième se penche sur l'architecture spatiale soviétique des années 1960 et 1970 et sur l'importance de l'espace pour « l’homme nouveau » et pour une société nouvelle. Ensemble, les conférenciers examineront les conditions d’émergence des utopies d’un « homme nouveau » ainsi que la manière dont leurs inventeurs peuvent être décrits.

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Table ronde
La fin de Napoléon et l’espoir de l’Europe –
Le Congrès de Vienne de 1815

14 novembre, 18 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. em. Dr Heinz Duchardt (Mayence), Prof. Dr Thomas Kroll (Iéna), PD Dr Franziska Sabine Schedewie (Iéna)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)

« Au commencement était Napoléon » – c’est ainsi que débute une histoire allemande du 19e siècle. Lorsque « le Corse » est arrivé en bout de course, les puissances européenne tentèrent de réorganiser leur monde. Certains appelaient de leurs vœux la restauration de l'ancien régime, d’autres souhaitaient que l’étincelle de liberté allumée par la Révolution française se poursuive… jusqu’à embraser un feu de liberté intérieure, à la fois pour le peuple et la nation. C’est ainsi que le Congrès de Vienne fut le théâtre de nouveaux espoirs, d’intentions politiques et de rêves nationaux. Combien sont aujourd’hui devenus réalité ? Et combien font encore partie de la mémoire collective ?

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Soirée musicale
Carte blanche Association Weimarer Republik e.V.
« C’est dans l’air… »
Chansons des années 1920

avec Sigrid Grajek (chant) et Regina Knobel (piano)
14 novembre, 20 h – Notenbank Weimar
Réservation souhaitée à : info@weimarer-rendezvous.de

« C’est dans l'air, quelque chose d’hypnotique...
Et il en reste un air persistant dans l’air »

Cette extrait du spectacle « C’est dans l'air » (1928) décrit à merveille l'atmosphère des années 1920. Cette atmosphère particulière est saisie de manière virtuose dans un grand nombre de chansons satiriques. Que ce soit « La belle au bois dormant de Wedding » qui attend que son charmant comte viennent la délivrer des toilettes, la constatation que « Les vieux sont bien mieux » ou encore la question de savoir « Qu’est-ce qu’attendent les Berlinois pour être heureux ? »... à l’époque les gens voulaient prendre leur vie en main et ils étaient curieux de savoir ce que l'avenir leur réservait. Attachez vos ceintures pour un charmant voyage musical à travers une époque fascinante !

 

Dimanche


Table ronde
Visions du futur dans les religions : 
apocalypses – paradis – vie éternelle

15 novembre, 11 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Katharina Waldner (Erfurt), Prof. Dr Sabine Schmolinsky (Erfurt), Matthias Rekow M.A. (Erfurt)
Présentation : Prof. Dr Susanne Rau (Erfurt)

Les communautés religieuses ont, en quelque sorte, amorcé les premières réflexions collectives sur l'avenir de l’humanité. Les mythes de la genèse se penchent sur le passé et tentent d’expliquer l’origine de l'être humain, alors que les représentations du paradis, du salut, des apocalypses et des jugements derniers sont autant de conceptions du futur individuel et collectif des fidèles. Les participants à la table ronde discuteront de la vision du futur des communautés religieuses tout au long de l’histoire.

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Promenade dans la ville
Carte blanche Association Weimarer Republik e.V.
À la recherche des traces de 1919
15 novembre, 11h30
Rendez-vous : Foyer du Théâtre
Durée : environ 90 minutes
Avec les acteurs Klaus Heydenbluth (Nordhausen), Gunthart Hellwig (Erfurt), Katrin Heinke (Erfurt), Ronald Mernitz (Erfurt), Heike Meyer (Weimar)
En collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert

En 1919, la petite ville de Weimar fut le théâtre d'un événement politique d'intérêt national, voire international. C’est en effet ici qu’après la défaite de la Première Guerre mondiale, le Reich allemand fut doté d’une nouvelle constitution. Pour cela, des centaines de politiciens les plus importants de l’époque ainsi que des journalistes du monde entier accoururent à Weimar. Au détour de notre promenade au cœur de la ville, vous pourrez goûter à l'atmosphère de cette période en ébullition. Laissez-vous guider par nos acteurs en plein centre-ville, à l'emplacement exact des événements de cette époque, et faites-vous une idée de l’émergence de la première démocratie allemande.

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Table ronde
Mines d’or – Archives – Lieu d'apprentissage
Le musée : moyen d’éducation culturelle

15 novembre, 12 h – Musée municipal Weimar
Dr Alf Rößner (Weimar), Dr Folker Metzger (Weimar)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)

Le débat sur « l'éducation » est omniprésent dans notre société et ne se fait en général pas sans émotion. Le concept traditionnel d'éducation issu de la « période classique » et visant la totalité de l’être et son humanisation, semble s’être volatilisé (modifié ?) au profit de la notion d’« auto-optimisation » ou encore d’« acquisition de compétences ». Des expériences durables dans les établissements d'enseignement ont transformé ces derniers en institutions de formation. Rationalisation, économisation et « avantages concurrentiels » semblent avoir atomisé le noyau emphatique et originel de l'idée d'éducation : l'humanisation de l'être et de la société. Comment peut-on aujourd’hui formuler « l'éducation » de manière inspirante et tournée vers l'avenir ? Et quel est le rôle joué en cela par les musées comme lieux d'apprentissage et archives de la mémoire culturelle ?

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Table ronde
Quel avenir pour le climat ? Quel climat pour l'avenir ?
15 novembre, 13 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Claus Leggewie (Essen), Dr Franz Mauelshagen (Essen)
Présentation : Prof. Dr Dirk van Laak (Giessen)
Il y a encore quelques années, la météo et le climat étaient considérés comme impossible à contrôler par l’espèce humaine. Cela a changé radicalement lorsque l’être humain s’est rendu compte qu’il était responsable du changement climatique. Il apparut alors clairement que, par ses actions, l'humanité peut tout à fait influencer le climat et donc le destin de millions de personnes. L'avenir climatique n’est plus uniquement soumis aux caprices de la nature, mais également à la capacité d’action politique et technologique des êtres humains. Résulat : des plans technologiques d’avenir comme le passage à l'énergie 100% renouvelable, des projets politiques tels que la transition énergétique allemande ou encore des pactes Énergie-Climat mondiaux. Des projets technologiques de grande envergure renaissent également de leurs cendres, ainsi des plans du Consortium Desertec pour installer des centrales solaires gigantesques dans le Sahara.

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Table ronde
Carte blanche Association Weimarer Republik e.V.
Le futur est relatif – Visions d'avenir dans la République de Weimar
15 novembre, 14 h – Musée municipal Weimar
Dr Rüdiger Graf (Potsdam), Prof. Dr Ulrich Sieg (Marbourg)
Présentation : Prof. Dr Michael Dreyer (Iéna)

À la lumière de la Révolution de Novembre, du succès électoral de la coalition de Weimar ainsi que de l’émergence de la première démocratie allemande, un fait semble presque paradoxal : dans la République de Weimar le libéralisme était en crise. La démocratie et les droits civils et humains n’étaient pas considérés comme les principes fondamentaux de l'avenir politique. Et un nombre toujours plus croissant de personnes sympathisaient avec de nouvelles visions de l'avenir. Alors que le libéralisme était perçu comme une idée du « siècle passé », le communisme, le fascisme et la révolution conservatrice semblaient représenter des mouvements jeunes et énergiques capables d’apporter des réponses aux questions de l’époque.

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Table ronde
Enfants sans avenir ?
Les enfants de l’occupation en Allemagne, en France et en Pologne après 1945

15 novembre, 15 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Silke Satjukow (Magdebourg), Prof. Dr Maren Röger (Augsbourg)
Présentation : Dr Agnès Arp (Iéna)

Après la guerre, l'Europe entière fut confrontée aux enfants de l’occupation. Dans tous les pays impliqués dans la guerre, un nombre important d'enfants virent le jour, fruits de l’union entre les occupants et les femmes autochtones – parfois volontairement, parfois de manière forcée. Les soldats de la Wehrmacht ainsi que les forces civiles d’occupation conçurent à eux seuls près d’un million d'enfants, dont on estime que 100 000 se trouveraient en France. En Pologne, leur nombre était beaucoup plus faible car tout contact entre l’occupant et les autochtones était interdit. En Allemagne, 400 000 enfants sont nés, conçus par les membres de l’ensemble des armées d'occupation. Après la guerre, ces enfants semblaient n’avoir aucun avenir car ils furent bien souvent rejetés à la fois par leur mère et par la bureaucratie. Un sujet d’actualité, donc, sur lequel nous nous pencherons, en prenant l’exemple des enfants de l’occupation en France, en Allemagne et en Pologne.

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Conférence
« I have a Dream » – Un avenir exempt de racisme ?
15 novembre, 16 h – Musée municipal Weimar
Prof. Dr Michael Dreyer (Iéna)

Au début des années 1960, l’aspiration des Noirs à un avenir exempt de racisme vit le jour aux États-Unis. En 2008, lorsque Barack Obama s’installa à la Maison Blanche en tant que premier président afro-américain, cet espoir semblait largement comblé. Mais ces dernières années, la violence policière raciste et d’autres incidents ont fait les gros titres, laissant apparaître que le racisme en tant que problème social et structurel est loin d’être surmonté aux États-Unis. Un bilan de 60 ans de mouvement pour les droits civiques, ses espoirs et ses déceptions.

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Table ronde
Rendre l’avenir tangible :
conceptions du futur dans l'architecture, la peinture et le design

15 novembre, 17 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Swen Geiss (Alfter), Prof. Dr Johannes Myssok (Düsseldorf), Dr Natalie Scholz (Amsterdam)
Présentation : Prof. Dr Armin Owzar (Paris)

Les conceptions futuristes ne se retrouvent pas uniquement dans les traités politiques, la littérature ou le cinéma. L'architecture, la peinture et le design sont également bien souvent imprégnés de souhaits et d’espoirs, tout autant que de scepticisme et de l’angoisse face à l’avenir. Cependant, ces projections artistiques ne sont pas toujours faciles à déchiffrer. A l’aide d’exemples choisis, trois experts nous aideront à saisir et à interpréter les conceptions futuristes en peinture, architecture et design.

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Atelier et défilé de mode
Opération en vogue
Atelier pour tout public de 8 à 88 ans

Le 13 novembre de 9 à 16 h et le 14 novembre de 9 à 13 h
– Mehrgenerationenhaus Weimar-West
Inscription auprès de Susanne Heine par e-mail à : info@suhe-weimar.de
Défilé de mode le 15 novembre, 19 h – C-Keller Weimar

À votre avis, comment seront perçues les tendances de la mode actuelle en 2065, c’est-à-dire dans cinquante ans ? Que diriez-vous de réfléchir de manière pratique à la mode de demain et pourquoi pas de l’inventer grâce à la célèbre marque weimaroise de mode et de costumes de théâtre GNADENLOS schick. Dans le cadre de cet atelier, vous pourrez vous déguiser, vous changer et vous rechanger, faire de nouvelles expériences grâce à des matières exceptionnelles et concevoir des vêtements inédits. Venez explorer la richesse des fonds du célèbre designer de théâtre et signer vos propres créations, lesquelles seront peut-être en vogue demain ! Mode sage ou osée, tout est possible. A l’issue de cet atelier de deux jours, nous nous ferons un plaisir de présenter nos créations à un public qui ne demande qu’à être surpris !