LES RENDEZ-VOUS DE WEIMAR AVEC L’HISTOIRE
OPÉRATION SÉDUCTION. INUTILE DE RÉSISTER ?
26-28 OCTOBRE 2018

conférences – films – tables rondes – ateliers – exposition – concerts

Le serpent du paradis, l’éclat de l’or, la vie éternelle, les mets raffinés, la beauté du corps, sans oublier la puissance des idées et des pensées peuvent séduire les hommes. Ils ont le pouvoir de briser notre volonté et de nous orienter dans une nouvelle, parfois dans une mauvaise direction. Résister n’est pas chose aisée et demande des efforts. Cette tension entre tentative de séduction et tentative de résistance traverse l’histoire humaine tel un fil rouge. Et ce sera le thème des 10e RV de Weimar avec l’histoire « Opération séduction. Inutile de résister ? », un thème plus actuel que jamais. Nombreux sont ceux qui déplorent aujourd’hui la puissance séductrice de nouveaux courants politiques situés à l’extrême-droite de l’échiquier politique, ou des nouveaux médias ou de l’offre toujours plus abondante de la société de consommation. Que pouvons-nous opposer à ces (nouveaux) séducteurs ? Une fois de plus, cela vaut la peine de se tourner vers l’histoire pour chercher des réponses.

« Opération séduction. Inutile de résister ? » C’est sous ce titre qu’est organisée, du 26 au 28 octobre, l’édition 2018 des RV de Weimar avec l’histoire. Comme d’habitude, le thème sera étudié dans ses dimensions historiques afin d’interroger la séduction en tant que phénomène propre. Qu’est-ce qu’il recouvre ? Sont-ce uniquement les plaisirs sensuels et culinaires qui nous enivrent et nous font dévier de nos bonnes résolutions ou brisent même notre volonté ? Au plan historique comme au plan individuel, l’homme cherche toujours à atteindre quelque chose qui le dépasse, à aller plus loin et n’est que rarement satisfait de la situation donnée. Salut (de l’âme), confort matériel, reconnaissance, identité personnelle ou collective, émotion esthétique, santé ou savoir et vérité, ce ne sont là que quelques-unes des notions qui viennent à l’esprit lorsqu’on se penche sur nos besoins culturels complexes. Plus grande est la frustration lorsque ces besoins restent inassouvis, plus grand est le risque de se laisser tenter, séduire par toute sorte de sirènes. Nous sommes tout d’un coup attirés par de nouvelles opinions, idées (politiques) et conceptions. Nous modifions nos habitudes de consommation, mettons une fin à des relations ou bouleversons même des manières de penser et d’agir que, jusqu’alors, nous tenions pour justes. Beaucoup pensent ici tout de suite à la force des idéologies qui, orchestrées par une puissante propagande, ont pu, sous le « Troisième Reich » enthousiasmer les masses et portent, à ce titre, une lourde responsabilité dans le chapitre le plus noir de l’histoire allemande. Mais les populistes modernes fournissent toujours (ou encore ?) des réponses simplistes, en partie même idéologiques aux problèmes de plus en plus complexes de notre réalité mondialisé.
Pourtant, il y a une réponse à ces tentatives de séduction. Il suffit de refuser, de dire non, et, dans de nombreux cas, il s’agit de résister. C’est souvent la conscience qui parle alors, qui nous chuchote de ne pas céder à la tentation. Notre boussole intérieure, ces valeurs (acquises) nous montrent où se trouve ce qui est pour nous juste, bon et vrai. Résister peut consister simplement à refuser une idée, à désobéir, à ne pas se couler dans le moule ou bien à s’opposer politiquement, voire même à embrasser le combat (parfois armé) contre l’injustice.
La frontière entre séduction, désobéissance et résistance n’est pas stable et évolue selon les époques et les sociétés dans lesquelles on vit. L’édition 2018 des RV de Weimar avec l’histoire se propose de jeter, une fois de plus, un pont entre les questions au cœur de notre actualité la plus brûlante et l'histoire afin de poser les questions suivantes : Pourquoi les théories du complot, qui semblent rendre des phénomènes ou des événements inexplicables plausibles, sont-elles si tentantes aujourd’hui ? Le populisme qui gagne aujourd’hui partout en force est plus ancien que notre système démocratique. Il s’agit donc de se demander si le populisme n’est pas « nécessaire » à la démocratie pour qu’elle soit en bonne santé. Quelle force eurent les propagandes de guerre, notamment à l’époque de la Guerre de Trente ans entre 1618 et 1648, et dans quelles sociétés la consommation déploie-t-elle le plus sa puissance tentatrice ?
Pour comprendre notre époque, ses multiples tentations et l’impératif, plus nécessaire que jamais, de résistance, il faut connaître notre histoire. C’est pourquoi nous vous invitons à venir en débattre avec nous à l’occasion des 10e RV de Weimar avec l’histoire !

 

Rendez-vous de Weimar avec l’histoire
Du 26 au 28 octobre 2018
OPÉRATION SÉDUCTION
Inutile de résister ?

 

Vendredi 26 octobre 2018
Soirée d'ouverture
Lecture et discussion
L’argent et le pouvoir, n’est-ce pas sexy ?!
Fascination magique ou manipulation ?
26 octobre, 18 h – Notenbank Weimar
Discussion avec Anne-Marie Descôtes (Berlin, Ambassadrice de France en République fédérale d'Allemagne), Antje Tillmann (Weimar, membre du Bundestag) et Prof. Dr Johann Chapoutot (Paris)
Présentation : Fritz von Klinggräff (Genève / Weimar)
Andrea Sawatzki lit des extraits du roman de Eric Vuillard « L’Ordre du jour »
en coopération avec l’Institut français

Quel pouvoir de séduction exerce le lien entre la politique et l'argent ? Cette question d’une supposée symbiose séculaire entre pouvoir et finance donne le coup d’envoi de la 10ème édition des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire.
En février 1933, 24 hauts dignitaires de l’industrie rencontrent Adolf Hitler afin de délibérer sur leur soutien à la politique nationale-socialiste. C'est le point de départ du roman « L’Ordre du jour » d'Eric Vuillard couronné par le prix Goncourt. Dans ce livre, l’écrivain analyse les coulisses du pouvoir où l’histoire s'écrit dans une effrayante désinvolture – situation qui n’a pas changé aujourd’hui.
L'histoire d'avant-guerre et d'après-guerre nous est narrée avec entre les lignes un soupçon : Le mélange trouble, omniprésent et toujours d’actualité de bluff diplomatique, de banalités post-factuelles et de brutalité est un cocktail dangereux pour l’interaction éventuelle entre éthique, économie et politique.
La lecture sera suivie d’une discussion avec Anne-Marie Descôtes, ambassadrice française en Allemagne, et d'autres personnalités éminentes. Nous nous pencherons sur les moyens de résister à ces armes de séduction massives capables de transformer tout échange politique, économique et culturel en véritable cauchemar.

 

Soirée musicale
De Paris à Göttingen, de Berlin à Varsovie
Voyage en chansons à travers l’Europe
26 octobre, 20 h – Notenbank Weimar
Avec Bérangère Palix  (France), Nina Omilian (Allemagne) et Justyna Bacz (Pologne)
guitare/piano : Stephan Bienwald (Berlin) et Veit Wiesler (Weimar)

Trois représentantes de la chanson nous emmènent en voyage à travers l'Europe en traversant allègrement les frontières linguistiques et culturelles. Les trois chanteuses interprètent leurs propres compositions dans leur langue maternelle ainsi qu’une sélection de chansons célèbres du pays voisin qu’elles présentent dans l’une ou l’autre langue, et dans l’un ou l’autre style. Avec humour et une pointe d’ironie, elles nous accompagnent sur les traces de Piaf, Weill, Hollaender, Brassens, Brel, Zielinsky et Nahorny.

 

Samedi 27 octobre 2018

 

Table ronde
Carte blanche à l’association Weimarer Republik e.V.
La démocratie a-t-elle besoin du populisme ?
27 octobre, 11 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Zoé Kergomard (Paris), Prof. Dr Karin Priester (Münster) et Dr Istvan Hiller (Budapest)
Présentation : Dr Andreas Braune (Iéna)

Dans les discussions actuelles sur les mouvements populistes de gauche et de droite, le populisme est souvent présenté comme une menace pour la démocratie, notamment au vu de ses victoires électorales en Europe et aux Etats-Unis. Cependant, on peut se poser la question de savoir si le populisme n’est pas une réaction à une politique perçue comme trop éloignée de la réalité de la population, trop bureaucratique, trop « vieillotte » et réservée à une élite. La politique démocratique ne devrait-elle pas forcément être un peu populiste, c'est-à-dire tenir compte de la population et refléter l’opinion publique ? Bien sûr, un excès de populisme peut s’avérer dangereux pour toute démocratie représentative et compliquer la recherche de compromis. Alors, une démocratie dynamique a-t-elle vraiment besoin d'une certaine dose de populisme ? Et si oui, à partir de quand y a-t-il overdose ?

 

Table ronde
Fascination et violence
L’Allemagne nazie et la France de Vichy : regards croisés
27 octobre, 13 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr jur. Aurore Gaillet (Toulouse),  Prof. Dr Johann Chapoutot (Paris), Florian Dierl (Nuremberg)
Présentation : Dr Philipp Neumann-Thein (Weimar)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

« Il est de nouveau étonnant de constater à quel point l’effondrement semble inéluctable », note le philologue et homme politique allemand Victor Klemperer dans son journal au début de l’année 1933. Klemperer appartenait à une minorité critiquant les profonds bouleversements sociaux qui eurent lieu en Allemagne après la montée au pouvoir des national-socialistes. Rapidement, les nouveaux dirigeants détruisirent les fondements de la République de Weimar – séparation des pouvoirs, égalité devant la loi, liberté d'expression et l’ensemble des droits civils – dans le but de mettre en place une « communauté nationale » raciste. Après quelques années seulement, les médias, l'appareil judiciaire et l'administration publique travaillèrent tous dans ce sens.
A partir de la fin des années 1930, l'Allemagne nationale-socialiste augmenta sa sphère d'influence par la force. Après la défaite de la France en juin 1940, le nouveau gouvernement français basé à Vichy proclama une « révolution nationale » en tournant le dos aux principes de la Révolution française et à sa tradition républicaine. Les politiques autoritaires conservatrices se traduisirent par une censure brutale de la presse, par l’étouffement de l'opposition et par l’entrée en vigueur de lois et de mesures racistes conduisant à la déportation des Juifs vers les camps d'extermination en Allemagne.
La table ronde se penche sur le contexte de l'époque, les armes de séduction massive, la mobilisation ultérieure de la population ainsi que la résistance contre cette évolution en Allemagne et en France.

 

Film et discussion
Pour mon père
27 octobre, 14 h – Notenbank Weimar
Film de Dror Zahavi, D/ISR 2008, 100 min.
Petra Sawadogo (Erfurt) discute avec Dror Zahavi
En collaboration avec le Thillm

Pour sauver l'honneur de son père, le jeune palestinien Tarek s’équipe d'une ceinture d’explosifs et veut commettre un attentat-suicide. Il ne peut enlever la ceinture sans la faire exploser. Mais lorsque Tarek veut actionner la bombe sur le marché de Tel-Aviv, le détonateur ne fonctionne pas. Il commande un nouvel interrupteur dans le magasin d'électronique du Juif Katz mais doit attendre 36 heures pour recevoir la pièce. Pendant ce temps, Tarek rencontre Keren, la jolie propriétaire d’une petite boutique et juive rebelle. Tarek et Keren tombent amoureux et passent une nuit romantique sur la plage. Puis Tarek (qui a entre-temps réparé le détonateur) se met en route pour le marché. Il se fait abattre par les forces de sécurité. La ceinture d’explosifs est touchée par une balle et explose. Cependant, personne ne meurt car sur la plage Tarek avait retiré les clous de la bombe. Lorsque Keren se réveille, elle découvre les clous dans le sable et un clou replié en anneau à son doigt. Elle entend les tirs.

 

Table ronde
Carte blanche TLZ
La démocratie a-t-elle besoin d'une nouvelle constitution ?
Discussion sur l'avenir de ce qui constitue notre démocratie
27 octobre, 15 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Holger Poppenhäger (Erfurt) et Prof. Dr Olivier Jouanjan (Paris) discutent avec Gerlinde Sommer (Weimar)

« La dignité humaine est intangible. » (Art. 1 de la Constitution). Pendant longtemps semblait régner un consensus sur le fait que la démocratie et les droits fondamentaux allaient de pair et constituaient un bien supérieur à préserver. Mais ces dernières années ont vu se renforcer en Allemagne comme en France des forces politiques appelant à modifier la Constitution. Leur argument reste la préservation de la démocratie. Mais est-ce vraiment le cas ? Les Constitutions allemande et française ont-elles besoin d'être protégées contre l’essor de mouvements politiques défendant des principes différents de la conception de démocratie libérale en vigueur jusqu’à présent ? A quoi doit ressembler une Constitution capable de résister aux développements et aux défis actuels auxquels est confrontée notre démocratie ? En 1948, Carlo Schmitt a donné un signal en déclarant : « Il faut avoir le courage de ne pas tolérer ceux qui veulent utiliser la démocratie pour la faire disparaître ». Quel degré de tolérance est-il souhaitable ? Et quel degré d’intolérance la Constitution permet-elle dans le but de sauver la démocratie ? La discussion réunit des juristes allemands et français et porte sur l'avenir de ce qui constitue notre démocratique.

 

Discussion
La propagande pendant la guerre de Trente Ans
27 octobre, 16 h – Musée municipal Weimar
Prof. Dr Georg Schmidt (Iéna) et Dr Christian Pantle (Augsbourg)

La défenestration de Prague, la liberté allemande, le sac de Magdebourg, l'invasion suédoise, l'assassinat de Wallenstein, les traités de Westphalie : jusqu'à une époque récente, ces événements étaient interprétés de manière très différentes. La lutte pour le monopole de l'interprétation a commencé très tôt et a accompagné les événements de la guerre de 1618 à 1648 : journaux et tracts en nombre jusqu'alors inconnu servaient la vision protestante ou catholique à leurs contemporains. Aujourd'hui, certains chercheurs parlent même d'une guerre de propagande.
Etait-ce vraiment le cas ? Quel était le but des caricatures, diatribes et insinuations contre le camp adversaire ? Et comment tout cela influence-t-il encore notre vision des événements de l’époque ? Les réponses à ces questions posent également la question plus générale de savoir comment la guerre de Trente Ans fut d’abord perçue comme une catastrophe originelle et un traumatisme pour finalement se transformer en mythe.

 

Table ronde
« On en a marre !»
Refus total en Italie, en Allemagne de l’Ouest et de l’Est dans les années 1960 et 1970
27 octobre, 17 h – Librairie Eckermann Weimar
Privat-docent Dr Dr Massimiliano Livi (Trier) et Dr Paul Kaiser (Dresde)
Présentation : Prof. Dr Armin Owzar (Paris)

Les hippies, les freaks, les artistes, la bohème, les autonomes et les punks : la fin des années 1960 et le courant des années 1970 sont l’époque par excellence pendant laquelle les gens – notamment les jeunes – ont cherché à s’émanciper de la société. Ces marginaux organisés dans des milieux alternatifs ne poursuivaient pas toujours des objectifs politiques ou sociétaux concrets – et les concepts politiques qu'ils véhiculaient ne se situaient pas tous dans le spectre de gauche. Mais de manière générale, ils revendiquaient le droit de mener une vie alternative au-delà des structures existantes. La table ronde se penche sur le large éventail de cultures alternatives européennes des années 1960 et 1970, en prenant l’exemple de l'Italie, de la RFA et de la RDA, et se pose les questions de savoir s'il fut possible de réintégrer le phénomène du rejet total dans les structures existantes et quels processus d'adaptation y furent associés de part et d’autre.

 

Film et discussion
Le Jeune Hitlérien Quex
27 octobre, 17 h – Notenbank Weimar
Film de Hans Steinhoff, D 1933, 95 min.
Projection suivie d’une discussion avec Ronald Hirte (Weimar) et Fritz von Klinggräff (Genève / Weimar)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

Le film se déroule pendant les combats de rue entre communistes et fascistes au début des années 1930. Heini Völker est le fils d’un travailleur adepte du socialisme. Son père veut le convaincre de rejoindre un groupe de jeunes gauchistes. Mais le fils vertueux est plutôt attiré par les Jeunesses hitlériennes. Heini apprend que les communistes projettent un attentat contre un foyer des Jeunesses hitlériennes et trahit leur plan. Tout engagement de sa part dans l'organisation communiste pour la jeunesse devient impossible. Sur le coup du désespoir, sa mère tente de le tuer puis de se suicider avant que les communistes ne puissent se venger de son fils. Mais Heini échappe à sa tentative d’assassinat. Des membres des Jeunesses hitlériennes rendent visite à Heini à l'hôpital et l'intègrent officiellement en leur sein en lui remettant un uniforme. Après sa sortie de l'hôpital, Heini s’engage activement et distribue des tracts national-socialistes pendant une campagne de propagande. Il est abattu par les communistes.

 

Table ronde
Carte blanche à l’association Weimarer Republik e.V.
Séduction ou manipulation ?
Campagne et publicité électorales
27 octobre, 18 h – Musée municipal Weimar
Prof. Dr Thomas Raithel (Munich) et Prof. Dr Michael Dreyer (Iéna)
Présentation : Dr Timo Leimbach (Erfurt)

Dans les sociétés démocratiques, les campagnes électorales sont l’incarnation du discours politique et garantissent la lutte pacifique pour le pouvoir et l'influence politiques. Elles servent d’indicateur sur les questions qui intéressent la population et la manière dont les différents partis se positionnent sur ces thématiques. Ainsi, les affiches, les programmes et les discours électoraux des années 1920 et 1930, dans l’entre-deux-guerres aux luttes politiques acharnées et polarisant l’Europe, témoignent de l'intensification du combat pour gagner la faveur des électeurs. Bien que leurs méthodes diffèrent, les radicaux de droite comme de gauche tentèrent de convaincre avec force l'électorat – tout comme les partis du centre.

 

Conférence
Le pacte punk de Varsovie
Punk dans le bloc soviétique de 1977 à 1989
27 octobre, 19 h – Librairie Eckermann Weimar
Alexander Pehlemann (Leipzig)
En collaboration avec l’Institut polonais de Berlin - filiale de Leipzig

« Pour moi, le punk, c'est plus que le punk rock. Pour moi, le punk, c’est une attitude. Et ça peut s'exprimer de plein de manières différentes au niveau esthétique. » (Pehlemann) « I wanna go over the Berlin Wall », chantait Johnny Rotten dans le hit des Sex-Pistols Holidays in the Sun. Au moment de la sortie de cette chanson, le punk s'était infiltré depuis longtemps à travers le rideau de fer. Presque en même temps, le premier concert du groupe slovène Pankrti symbolisait la percée du punk sur la scène publique socialiste. La même année, le groupe d'art conceptuel Spions voyait le jour en Hongrie et les groupes de punk rock Walek Dzedzej Pank Bend et KSU se créaient en Pologne. Partons à la découverte de cette sous-culture relativement méconnue et penchons-nous sur son potentiel de résistance.

 

Film et discussion
Les disciples de la haine
27 octobre, 20 h – Notenbank Weimar
Film de Julia Knopp et Maximilian Damm, D 2018, 60 min.
Production : Académie du film du Bade-Wurtemberg en coproduction avec SWR
Discussion avec Julia Knopp et Maximilian Damm ainsi qu’avec Prof. émérite Dr Ernst-Dieter Lantermann (Kassel)
Présentation : Frank Richter (Meissen)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

Dans ce documentaire, un ex-salafiste et un ex-néonazi se confrontent à leur passé. Pendant des années, Dominic Schmitz et Felix Benneckenstein ont été prisonniers d'une idéologie. Ils y ont sacrifié toute leur vie. Ils étaient des extrémistes : deux jeunes gens devenus fanatiques à l’adolescence. Bien que membres de groupuscules complètement différents, leur biographie se ressemble. Basé sur leurs témoignages, le film pose l'une des questions les plus brûlantes de notre époque : Pourquoi les gens se radicalisent-ils ?

 

Dimanche 28 octobre 2018

 

Conférence
Bruno et l’homme Marlboro
Le pouvoir de la publicité et le temps
28 octobre, 11 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Gerhard Paul (Flensbourg)

Peu de choses a eu autant d’influence sur les dernières générations que la publicité dans les magazines, les journaux, à la télévision ou à la radio. Les messages publicitaires les plus simples se gravent parfois profondément dans notre mémoire et se transforment en phrases utilisées au quotidien. Mesure-t-on le succès d’une publicité au fait qu’elle nous a tellement séduits que nous l'incorporons dans notre propre langue ? Quel rôle le facteur temps joue-t-il ? Comment fonctionne le pouvoir de séduction de la publicité et en a-t-il toujours été ainsi ? La conférence donne un aperçu de ces dernières décennies et explique pourquoi nous préférons acheter de la lessive Persil plutôt qu’Omo ou que le produit moins cher mais sans marque.

 

Conférence
Harry comte de Kessler et la fondation de la Deuxième République de Pologne
28 octobre, 12 h – Musée municipal Weimar
Wolfgang Templin (Berlin)
En collaboration avec l’Institut polonais de Berlin - filiale de Leipzig

Wolfgang Templin raconte les aventures de la fondation de la Deuxième République de la Pologne. L’histoire commence avec Harry Kessler allant chercher Józef Piłsudski emprisonné à Magdebourg et l'amenant à Varsovie. Après 123 ans de division entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, Józef forme un gouvernement en novembre 1918 proclamant la Pologne comme Etat souverain. Mais presque aucun pays voisin ne donnait une chance de survie à cette Deuxième République. En Europe, elle fut considérée comme un « Etat saisonnier » ou un espace gênant entre l'Allemagne et la Russie. Les conflits entre l'extrême gauche et l'extrême droite provoquèrent l'instabilité de la nouvelle République. Néanmoins, pendant plus de 20 ans, la Pologne réussit à rester un Etat indépendant. Seule l'invasion conjointe de l'Allemagne et de l'Union soviétique en 1939 mit temporairement fin à l'existence du pays.
Wolfgang Templin décrit les circonstances ayant marqué la fondation de la Deuxième République de Pologne, la menace extérieure exercée par les pays voisins – par exemple la guerre contre la Russie soviétique –, mais également les conflits intérieurs. Ce faisant, il nous fournit la clé d’une meilleure compréhension des conflits polonais actuels.

 

Table ronde
« Tu veux vraiment te promener comme ça ? »
Mode et pénurie à la fin de la RDA et dans la République populaire de Pologne
28 octobre, 13 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Anna Pelka (Ratisbonne) et Klaus Ehrlich (Sylt)
Présentation : Dr Jens Riederer (Weimar)

Si la mode est une expression de l’abondance, comment pouvait-elle exister dans les sociétés de privations socialistes qu’étaient le RDA et la Pologne ? Une fois de plus, ce sont les jeunes générations qui obligèrent les dirigeants à leur faire des propositions dès la fin des années 1960 s’ils ne voulaient pas perdre complètement la jeunesse au profit de la mode occidentale. Existe-t-il une tentative de développer une mode socialiste, voire une mode propre à la RDA ? Des lignes de vêtements furent-elles imposées ? Dans quelle mesure suivait-on les tendances de la mode occidentale ? Quelles libertés existaient dans les comportements liés à la mode dans les deux pays ? Klaus Ehrlich, le seul producteur de films liés à la mode en RDA, et Anna Pelka, historienne polonaise, discutent entre autres de ces questions de style.

 

Table ronde
Des mots puissants – des belles femmes :
Aphrodite, Sheherezade et Judith
28 octobre, 14 h – Musée municipal Weimar
Prof. Dr Katharina Waldner (Erfurt), Dr Isabella Schwaderer (Erfurt) et Dr Bérénice Zunino (Besançon)
Présentation : Prof. Dr Susanne Rau (Erfurt)

Les femmes séduisent par leur beauté. C’est pour cette raison qu’Aphrodite, la déesse de l'amour, était considérée comme l'incarnation par excellence de la séduction féminine. Sans oublier sa compagne, tout aussi belle, la muse Peitho, déesse de la persuasion et incarnation du pouvoir de rhétorique notamment dans le domaine politique. Dans le récit médiéval, c'est la parole féminine qui raconte les histoires de façon à la fois intelligente, puissante et efficace, notamment par la voix de la célèbre Sheherezade. C'est ce que montre une nouvelle fin qui vient d’être retrouvée à « L'histoire des Mille et Une Nuits » transmise depuis des générations d’une myriade de manières. Au début du 20ème siècle, c’est Judith qui exerçait une puissante fascination. Elle portait des tenues séduisantes afin de pénétrer dans le camp des ennemis d'Israël et pouvoir en assassiner les chefs. Cette fascination transforme l'héroïne de guerre juive et fine stratège en femme fatale. Dans ces exemples, la séduction féminine est l’expression du pouvoir féminin dans des domaines plutôt inattendus : en rhétorique, politique et esthétique.

 

Table ronde
Carte blanche au magazine historique G/Geschichte
« Dis-moi ce que tu achètes et je te dirai qui tu es. »
Consommation et identité en période d’abondance
28 octobre, 15 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Sandra Schürmann (Hambourg), Dr Nina Mackert (Erfurt) et Prof. Dr Rainer Gries (Vienne)
Présentation : Christine Richter (Augsbourg)

Quelle nourriture mange-t-on ? Quels vêtements portons-nous ? Quelle voiture conduisons-nous? Nos choix de consommation révèlent le genre de personnes que nous souhaitons être. C'est particulièrement vrai dans les sociétés industrielles à partir du 19ème siècle, époque qui déboucha sur la consommation de masse. La table ronde se penche sur la manière dont le désir de consommation et l’envie de possession sont apparus. Pourquoi les gens veulent-ils posséder telle ou telle chose ? Comment sont-ils poussés à l’achat ?  Par qui sont-ils influencés ? Et quelle motivation se cache derrière tout ça ? Quelle influence la publicité et les promesses de crédit ont-elles ? Les intervenants livrent une perspective passionnante sur le passé, le présent et l'avenir.

 

Table ronde
Tu as faim, jeune fille ?
La soif de connaissance et d’expériences des femmes du Bauhaus
28 octobre, 16 h – Musée municipal Weimar
Ute Ackermann (Weimar) et Seraina Graf (Zurich)
Présentation : Dr Jens Riederer (Weimar)

Profitant des libertés nouvelles de la République de Weimar, les femmes firent leur entrée en force dans les établissements d'enseignement où elles constituèrent rapidement la moitié des étudiantes. Cette invasion de jeunes femmes sûres d'elles provoqua une insécurité profonde chez la gente masculine qui perdait du jour au lendemain sa suprématie « naturelle », même chez les hommes qui se considéraient comme tolérants.
La discussion prend comme point de départ la biographie de deux représentantes du Bauhaus. La berlinoise Dörte Helm (1898-1941) était apprentie dans les ateliers de peinture murale et sur textile du Bauhaus de Weimar. Née à Weimar, Karla Grosch (1904-1933) travaillait comme danseuse et professeure de gymnastique au Bauhaus de Dessau. La table ronde présente des rôles féminins nouveaux, anciens et encore indéterminés et se penche sur l’image de la féminité qu’avaient les maîtres du Bauhaus. La discussion avec le public ouvre le débat sur les possibilités d’autodétermination qu’avaient les femmes de l’époque.

 

Table ronde
Sous le charme (de la théorie) du complot.
Vision historique de la fascination exercée par la conspiration de « forces occultes »
28 octobre, 17 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Thomas Grüter (Münster), Dr Anne-Simone Rous (Dresde) et Prof. Dr Dr Detlef Junker (Heidelberg)
Présentation : Dr Nora Hilgert (Francfort-sur-le-Main)

Des sorcières qui jettent un sort, la légende du coup de poignard de la Grande Guerre, les traînées de condensation qui se dessinent à l'horizon, le 11 Septembre, la Zone 51, l’assassinat de John F. Kennedy... La liste des théories du complot faisant référence à des événements isolés ou à des groupes de personnes partout dans le monde semble infinie et remonte loin dans l'histoire de l'humanité.
Depuis des siècles, on tente d'expliquer des phénomènes quotidiens complexes en soupçonnant des « forces occultes ». Non seulement les théoriciens de la conspiration y croient eux-mêmes, mais ils ont souvent derrière eux un grand nombre de partisans. Quelle explication historique donner à ce phénomène ? Pourquoi les gens sont-ils tant fascinés par ces « forces occultes » ?

 

Soirée de clôture
L’idée européenne en 1945 et aujourd’hui
Quel est le lien entre « Le Petit Prince » et Weimar ?
28 octobre, 18 h – Notenbank Weimar
Soirée franco-allemande avec lecture, musique et spécialités culinaires
Prof. Dr Johann Chapoutot (Paris), Dr Petra Erler (Potsdam), Dr Istvan Hiller (Budapest) et Dr Volkhardt Germer (Weimar)
Présentation : Fritz von Klinggräff (Genève / Weimar)
Ute Lubosch lit des extraits du roman « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry
En collaboration avec la ville de Blois

« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ! » explique le renard au Petit Prince. Pierre Sudreau, qui fut souvent l’invité d’Antoine de Saint-Exupéry dans sa jeunesse et qui aurait célébré ses 99 ans en 2018, a mis cet enseignement en pratique durant toute sa vie. De l’Europe à laquelle il s'est passionnément engagé après avoir vécu la déportation à Buchenwald, il se sentit responsable toute sa vie. Tant dans la construction d'une Europe d'après-guerre que dans le jumelage entre les villes de Weimar et de Blois. Que faire de cette Europe aujourd'hui ? Ce que nous avons apprivoisé nous est devenu profondément étranger. Qu'est-il advenu de la vision des Pères fondateurs autour de Pierre Sudreau ? La vision de l’époque contenait-elles les germes de l’illusion ? Ou l'Europe se laissera-t-elle séduire à nouveau pour prendre une nouvelle forme ?

 

Théâtre musical
Un champ plein de fleurs. 1914-1994
Pièce de théâtre musicale de et avec Corinne Douarre
28 octobre, 20 h – Notenbank Weimar
Corinne Douarre : chant, piano, autoharpe, textes, chansons et collages sonores
Blandine Costaz : mise en scène

Durée : 70 minutes

L'amour que mon père ressentait pour les Allemands a longtemps été un mystère pour moi. De 1943 à 1945, il était interné dans un camp de travail à Plauen dans le cadre du STO (service du travail obligatoire). Quand il est revenu, il avait perdu presque toutes ses dents et il était si maigre que sa sœur ne l'a pas reconnu : « Papa, regarde, il y a un vieillard à la porte. » Le vieillard avait 21 ans. (Corinne Douarre)

Corinne Douarre est une ACI (auteur-compositeur-interprète) résidant à Berlin. En 1994, à l'âge de 24 ans, elle part sur les traces de son père récemment décédé, Raymond Douarre, et se rend à Plauen. Elle y découvre l’endroit où son père avait vécu, devenu à présent un champ plein de fleurs, et elle écrit : « Le champ n'est pas en friche, il fleurit, et c'est tout ce que je voulais savoir ».
En 2005, la mère de Corinne Douarre trouve des lettres de son père. Il y décrit sa vie dans le camp, mais aussi et surtout son amitié avec le compositeur Wilhelm Hohmann et sa compagne « Frau Elisabeth » originaires de Plauen et avec qui il entretient une correspondance touchante après la guerre.
Et peu à peu, elle commence à comprendre l'amour que son père vouait aux Allemands.
Cette pièce présente un morceau d’histoire franco-allemande sous forme d’un collage rythmé et entraînant. On y parle de guerre et d’amitiés d'après-guerre, de la vie dans « le pays de l'ennemi », de la chute du mur, de Berlin des années 1990 et de voyages : voyages désirés et contraints, voyages réussis et ratés, voyages rêvés et réels. Une recherche musicale, poétique et informative sur les traces du passé.

 

A partir du lundi 5 novembre 2018

 

Atelier trilatéral pour lycéens
La tentation d’acheter – la publicité au fil du temps
Avec la participation de lycées de Weimar, Blois et Cracovie
Sous la direction de Christine Scheller et Kai Sauer (Weimar), Anna Wellebrouck et Sylvie Henry-Chacun (Blois), Dorota Loos et Agata Reichert (Cracovie)
En collaboration avec l’OFAJ / DFJW, la Chancellerie d’Etat de Thuringe, le lycée Augustin Thierry de Blois, la Fondation Geborgen Wohnen et la Société franco-allemande Weimar
L’atelier a lieu à Cracovie (Pologne) du 5 au 11 novembre

Au plus tard lors de la révolution industrielle, un nombre croissant de gens ont commencé à jouer un rôle auparavant réservé à une toute petite minorité : celle du consommateur. D’une part, pour la satisfaction de besoins primaires tels que manger, boire et se loger. D’autre part, le consommateur moderne dispose à présent d’une quantité non négligeable de ressources grâce auxquelles il peut choisir des produits de meilleure qualité, voire acheter des produits dont il n’a pas absolument besoin. C’est lui qui choisit ce qu’il consomme. C’est donc lui la cible des publicités grâce auxquelles les entreprises rivalisent pour attirer son attention.
Aujourd’hui, les jeunes considèrent la publicité comme une évidence. Ils y sont constamment exposés par le biais des médias numériques et ils n’y réagissent pas de la même façon que les générations précédentes. Mais l’objectif de la publicité est resté le même : nous faire acheter.
Quels étaient les produits dont les gens rêvaient dans le passé ? Quel produit fut l’objet du désir – comme l'ordiphone aujourd’hui – il y a 20, 50 ou 100 ans ? Comment la réclame se faisait-elle à l’époque ? Comment la publicité telle qu’on la connaît aujourd’hui s’est-elle développée ? Quelles sont les différences dans la publicité en fonction du groupe cible ? Existe-t-il des divergences entre la publicité en Allemagne, en France et en Pologne ? Des lycéens de Weimar, Blois et Cracovie se penchent sur le contexte historique de la publicité et se familiarisent avec les questions fondamentales concernant son fonctionnement et ses figures de styles. A l’issue de l’atelier qui a lieu à Cracovie, des petits groupes trinationaux autoproduisent des publicités (spots, annonces...) et jouent avec les produits, les styles et les époques pour prendre conscience de la manière sous-jacente dont la publicité fonctionne.

 

A partir du jeudi 15 novembre 2018

 

Atelier franco-allemand pour étudiants
Désobéissance civile des années 60 à aujourd’hui
Vision transnationale sur l’Allemagne, la France et la Pologne
Avec la participation d’universités de Paris et d’Erfurt et sous la direction de Prof. Dr Susanne Rau, Dr Alice Volkwein et Dr Elisa Goudin
En collaboration avec l’Université franco-allemande, la Fondation Victor et Yvonne von Schweinitz et l’Université d’Erfurt
L’atelier a lieu du 15 au 18 novembre à Erfurt.

L’année où la France et l’Allemagne célèbrent le 50ème anniversaire de 1968, année devenue le symbole d’un mouvement de protestation transnational dans des domaines très différents (politique, économie, philosophie, éducation, politique intergénérationnelle ou commémorative en Allemagne), ce séminaire propose à de jeunes universitaires français et allemands plusieurs choses. D’une part, il examine le contexte historique et l’influence de cette époque décisive pour le développement de la désobéissance civile tant au niveau théorique que pratique. D’autre part, il questionne l’héritage de ce modèle, de son développement et de ses manifestations actuelles alors que certains mouvements exigent le droit de violer les règles au nom du bien commun. Il convient également de remettre en question le rôle de ces mouvements dans les démocraties occidentales.

 

CINEMA AU « LICHTHAUS KINO » WEIMAR

Tarif : 7 euros (Tarif réduit : 6 euros)
Vendredi 26 octobre, 15h30
Her
USA 2013. 126 min.
Réalisation et scénario : Spike Jonze
Musique : Arcade Fire
Avec : Joaquin Phoenix, Amy Adams, Rooney Mara, Scarlett Johansson (voix originale)

Theodore Twombly (Joaquin Phoenix) travaille comme écrivain public pour une entreprise qui rédige des lettres d’amour à Los Angeles dans un futur proche.
Bien que sa femme et lui soient séparés depuis deux ans, il refuse de divorcer. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le personnage du réalisateur Spike Jonze a une affinité pour la mélancolie. Avec cette mélancolie comme fidèle compagne, Theodore décide d’installer un nouveau système d’exploitation sur son ordinateur lui permettant de développer sa propre personnalité. Le système à la voix très séduisante (Scarlett Johansson), appelé Samantha, devient rapidement un substitut thérapeutique à la passion perdue de Theodore. Tandis que la voix immatérielle découvre la vie avec un enthousiasme débordant, Theodore s’en éloigne de plus en plus. Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation) questionne nos notions d’amour et d’intimité à l’ère des réseaux sociaux et met en scène une histoire d’amour de science-fiction en images fantastiques accompagnées par une bande originale onirique et des références étonnantes à la réalité.

 

Vendredi 26 octobre, 21h30
Corps et Âme
H. 2017, 116 min.
Réalisation et scénario : Ildikó Enyedi
Caméra : Máté Herabi, Musique : Ádám Balázs
Avec : Alexandra Borbély, Géza Morcsányi, Réka Tenki, Zoltán Schneider, Ervin Nagy, Itala Békés, Tamás Jordán, Éva Bata, Pál Mácsai

Trouver l’amour sur son lieu de travail n’a rien d’inhabituel. Sauf quand on travaille dans un abattoir, comme la timide Maria. Un jour, Maria et son nouveau collègue Endre se rendent compte que chaque nuit ils font le même rêve. A la fois troublés et émerveillés par le lien qui les unit, ils tentent de se rapprocher timidement l’un de l’autre pendant la journée... Ildikó Enyedi raconte une histoire d’amour poétique avec un humour laconique. Le film est un conte de fée magique jouant avec les contradictions d’une manière extraordinaire. Corps et Âme a remporté l’Ours d’or lors du Festival international du film de Berlin en 2017.

 

Samedi 27 octobre, 21h30
ostPUNK! too much future
D. 2007, 93 min.
Réalisation : Carsten Fiebeler, Michael Boehlke
Scénario : Henryk Gericke, Michael Boehlke, Carsten Fiebeler
Caméra: Robert Laatz, Daria Moheb Zandi
La projection est suivie d’une discussion avec Alexander Pehlemann (Leipzig)

Ce film est tout aussi fort et authentique que le « non » politique et esthétique du punk. Le punk à l’Est, c’était la sous-culture dans l’autre Allemagne, c’était l’agitation, le refus total. Les punks de la RDA se heurtaient aux limites d’un système qui voulaient contrôler la jeunesse sans y parvenir. Alors qu’en Angleterre, la misère sociale des adolescents trouvait un échappatoire en criant « no future », la misère de la jeunesse très occupée de RDA était plutôt un « too much future », « trop d’avenir ». Des groupes punks comme Wutanfall, Schleimkeim, L’Attentat, Betonromantik ou encore Planlos ont résisté à l’imposition d’un futur optimiste et du surapprovisionnement social.
Le film fait le portrait de quelques membres fondateurs du mouvement ostpunk et retrace l’adaptation, la persévérance, les contraintes, l’indépendance et la métamorphose du rejet en pratique artistique et politique.

 

Dimanche 28 octobre, 15h15
Glück im Hinterhaus (Le bonheur est dans la cour)
RDA 1978-1980, 97 min.
Réalisation et scénario : Herrmann Zschoche
Caméra : Günter Jaeuthe,  Musique : Günther Fischer
Avec : Dieter Mann, Ute Lubosch, Jutta Wachowiak, Peter Bause, Gerry Wolff, Käthe Reichel
La projection est suivie d’une discussion avec Ute Lubosch

Le riche bibliothécaire Karl Erp, quadragénaire, mène depuis des années une vie ennuyeuse avec son épouse et ses deux enfants. Lorsqu’il tombe amoureux de sa jeune stagiaire, Mlle Broder, il sort de sa léthargie. Il annonce à sa femme Elisabeth qu’il ne l’a jamais aimée et ne l’a épousée que pour lui rendre service et il emménage chez Mlle Broder. Sommé de s’expliquer par la mère de celle-ci, il promet de divorcer et d’épouser sa fille. Mais cette nouvelle vie modeste finit par étioler sa passion. Incapable de recommencer une nouvelle vie, il aspire à retrouver son ancien confort et retourne vivre avec Elisabeth, bien que leur mariage soit brisé.

 

Dimanche 28 octobre, 17h30
Les millions d’Yvette
RDA 1956, 104 min.
Réalisation et scénario : Martin Hellberg
Caméra : Götz Neumann
Musique : Ernst  Roters
Avec : Josephine Back, Wolf Kaiser, Anne Dessau, Peter Herden, Otto Eduard Stübler

Yvette, modiste française, dirige une petite maison de couture à Düsseldorf. Les jeunes maîtres de la société sont à ses pieds, mais elle est rejetée par son propre milieu. Son ancien amant, Maurice Daurignac, réussit à la convaincre de réaliser un grand coup afin de se venger de la « bonne société ». Elle se fait passer pour l’héritière de dix millions de Franc-or. Un notaire débarque de Paris accompagné de deux soi-disant policiers afin de lui remettre l’argent qu’elle dépose dans un paquet scellé à la banque Bleichstetter de Düsseldorf. L’argent est censé y rester jusqu’à la fin de la procédure d’héritage. La procédure traîne et pendant ce temps, les deux complices vivent en grande pompe. Lorsque la bombe explose, Yvette est sauvée par le jeune avocat Dr Hellmer qui lui évite d’être jetée en pâture à la population en colère.

 

Pour plus d’informations : www.weimarer-rendezvous.de
Entrée libre à tous les évènements.
Organisation : Ville de Weimar et Association des amis des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire