RENDEZ-VOUS DE WEIMAR AVEC L'HISTOIRE
D’ÉGAL À ÉGAL?! HISTOIRE(S) DE RELATIONS
DU 10 AU 12 NOVEMBRE 2017

conférences – films – tables rondes – ateliers – exposition – concerts

Au vu des récentes actualités, beaucoup ont ces derniers temps l’impression que notre monde ultra-connecté ne tourne plus rond. Les guerres, les crises sociales, politiques ou économiques n’ont pas (ou plus) seulement d’impact au niveau local mais nous concernent tous. L’afflux de réfugiés, le changement climatique, les crises monétaires, le Brexit, Trump, l’éclosion de courants populistes et le retour insidieux de régimes autocratiques, y compris en Europe, pour ne citer que quelques uns, sont des sujets qui font en permanence la une. Est-il possible, dans un tel contexte, que se développent des relations d’égal à égal?

L’édition 2017 des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire se demande, en partant de ces observations souvent particulièrement alarmistes, comment les relations, politiques, économiques, sociales et écologiques se tissent et interagissent au fil de l’histoire (et au présent). Notre monde est devenu plus complexe – et ce pas seulement en raison des changements fondamentaux qui ont affecté nos modes de communication. C’est aussi dû aux nombreuses interactions politiques et économiques dans le monde. Il n’y a pas de réponses simples contrairement à ce que voudraient bien nous faire croire certains hommes politiques, activistes ou philosophes de comptoir. Comme souvent, et ici plus que jamais, il est particulièrement utile et urgent de regarder en arrière. Car c’est souvent le passé qui nous révèle les causes profondes des phénomènes contemporains et l’histoire permet souvent de relativiser les diagnostics catastrophistes et, ainsi, d’atténuer les peurs. C’est en tout cas un gain pour mieux comprendre le présent.

En partant de la réalité des relations et interactions existantes, nous poserons des questions ciblées au passé et analyserons les substrats historiques nécessaires pour mieux la comprendre. Il s’agit, pour cela, de remonter le temps de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Quelles relations sociales sont nécessaires pour garantir la démocratie? Quelles étaient-elles dans la Grèce antique, ce berceau de la démocratie? Qu’est-ce qui caractérisait les relations internationales du temps de la Guerre froide? Quelle(s) histoire(s) relient les pays du Triangle de Weimar, la France, l’Allemagne et la Pologne? Quel impact ont Twitter, Facebook et Cie sur nos modes de communication et y a-t-il déjà eu des phénomènes similaires? Notre réflexion ne concerne pas seulement les autres époques mais aussi d’autres zones géographiques en dehors de l’Europe, l’Afrique par exemple, ou les rapports entre puissances coloniales et États africains ont toujours étaient plus complexes qu’il n’y semblait, ce qui n’est pas sans conséquences jusqu’à aujourd’hui.

 

Rendez-vous de Weimar avec l’histoire
Du 10 au 12 novembre 2017

D’ÉGAL À ÉGAL ?!
Histoire(s) de relation

 

À partir du lundi 6 novembre 2017

Atelier trilatéral pour lycéens
Faire escale
Carnet de voyage à travers l’histoire allemande, polonaise et française
Avec la participation de lycées de Weimar, Blois et Cracovie
Sous la direction de Christine Scheller et Kai Sauer (Weimar), Anna Wellebrouck et Sylvie Henry-Chacun (Blois), Dorota Loos et Agata Reichert (Cracovie)
En collaboration avec l’OFAJ / DFJW et les Rendez-vous de l’histoire et la ville de Blois
L’atelier a lieu à Blois (France) du 6 au 12 novembre

Trois pays, cinq biographies, quinze jeunes. Des élèves de lycées allemands, polonais et français se penchent sur les relations historiques entre leurs trois pays. Par le biais de biographies individuelles, ils établissent des connexions et créent des liens : François Ier, Maurice de Saxe et le roi polonais Leszczyński entretiennent tous trois des liens historiques avec le château de Chambord près de Blois. Deux autres biographies permettent également d’explorer les réseaux européens appartenant au passé : Xavier Branicki et Pierre Sudreau. Le premier, d’origine polonaise, a vécu près de Blois au XIXème siècle. Xavier Branicki était artiste et a beaucoup voyagé à travers l’Europe. Pierre Sudreau fut prisonnier au camp de Buchenwald. C’est lui qui choisit Weimar en 1981 pour être jumelée avec Blois, ville dont il était le maire à une époque où l’Europe était encore divisée.
À partir de ces biographies, les élèves esquissent un carnet de voyage leur permettant de se projeter eux-mêmes dans le passé ou de faire voyager un personnage historique dans le présent. Ce carnet de voyage prendra la forme d‘une bande dessinée à la Maison de la BD à Blois.

 

Mercredi  8 novembre 2017

Lecture
carte blanche Thüringische Landeszeitung
Moi, Allemand. La nouvelle culture dominante  
8 novembre, 19 h – Librairie Eckermann Weimar
Raed Saleh (Berlin) discute avec Gerlinde Sommer (Weimar)

Le débat sur la culture dominante en Allemagne agite l’opinion publique depuis de nombreuses années et soulève la question des fondements juridiques, sociopolitiques et moraux de notre cohésion et de notre cohabitation. Si la Constitution en donne le la, sur quelle musique danse également l’Allemagne moderne, cosmopolite et démocratique ? Quelles valeurs sont immuables ? Où se situent les limites de la tolérance à une époque de plus en plus dure face, entre autres, à l’extrémisme politique et/ou religieux se manifestant sous différentes formes ? Ce durcissement n‘est pas uniquement un phénomène endogène à la société, il est aussi exogène. Et voilà comment une société diverse court le risque de sombrer dans le manichéisme.
Raed Saleh était encore enfant lorsque sa famille quitta la Palestine pour venir s’installer à Berlin. À l’époque, personne ne pouvait, ou ne voulait, lui expliquer ce qu’on attendait de lui. Mais l’étranger qu’il était est devenu membre de la société allemande. Depuis 2011, il préside le groupe parlementaire du SPD au Sénat de Berlin. Dans son livre « Moi, Allemand. La nouvelle culture dominante » paru en 2017, il décrit le processus par lequel un migrant se réoriente dans la société allemande. Il s’interroge également sur les traits que pourrait prendre une nouvelle culture dominante en Allemagne.

 

Jeudi 9 novembre 2017

Atelier trinational pour étudiants
Discussion publique
Parois de verre de la réconciliation entre voisins :
Kitsch de la réconciliation et stéréotypes
9 novembre, 18 h – Université Friedrich Schiller d’Iéna
Pierre-Frédéric Weber (Szczecin), NN
Présentation : Dr Andreas Braune (Iéna)
Avec la participation d’universités de Szczecin, Paris et Iéna
Sous la direction de Prof. Dr Michael Dreyer, Dr Andreas Braune, Dr Alice Volkwein, Dr Paul Maurice, Dr Pawel Migdalski et Dr Katarzyna Woniak
Ecole d’hiver financée par l’Université franco-allemande et la Fondation Victor et Yvonne von Schweinitz
En collaboration avec l’Académie Weimar-Iéna

L’atelier a lieu à Iéna et Weimar du 8 au 12 novembre

Depuis 25 ans, l'Allemagne, la Pologne et la France entretiennent des relations privilégiées dans le cadre du Triangle de Weimar. Ce ne fut pas toujours le cas.
Les relations entre l’Allemagne et ses deux voisins furent jalonnées de sérieux conflits qui rendirent une réconciliation nécessaire. La Pologne et la France ont, quant à elles, connu plusieurs siècles d’une histoire commune placée sous le sceau de la tranquillité. Il y a 25 ans, l’Allemagne a suggéré que la France soit impliquée dans le processus de réconciliation germano-polonais en s’appuyant sur l’expérience franco-allemande. Dans une approche trinationale et interdisciplinaire, cet atelier examine les points communs et les différences entre les politiques de réconciliation des trois pays, non seulement dans leur contexte historique respectif mais également dans le cadre de leur mise en œuvre politique et sociale.

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Film et buffet
9 novembre, 19 h –  Mehrgenerationenhaus Weimar-West
« Qu‘est-ce qu‘on a fait au Bon Dieu ? »
F, 2014, 97 min.
Réalisation : Philippe de Chauveron. Avec : Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan.

Claude et Marie Verneuil, un couple de bourgeois catholiques, sont des parents plutôt conservateurs, même s’ils se prétendent ouverts d’esprit. Mais leur tolérance est mise à mal lorsque trois de leurs filles veulent se marier : L’une choisit un Musulman comme futur époux, une autre veut épouser un Juif, et l’aînée est tombée amoureuse d’un Chinois. À présent, leur unique espoir d’un mariage à l’église repose sur la benjamine qui vient – Dieu soit loué ! – de rencontrer un Catholique.

Le film est accompagné d’un buffet préparé par Petra Hermann qui vous fera découvrir la tradition culinaire des pays d’origine des beaux-fils.

 

Vendredi 10 novembre 2017

Promenade dans la ville
Carte blanche à l‘association Weimarer Republik e.V.
La République de Weimar –
Sur les traces de la première démocratie allemande
10 novembre, 15 h
Rencontre : Foyer du Théâtre National de Weimar
Durée : environ 1h30

Promenade dans la ville accompagnée par des actrices et acteurs sur certains lieux historiques de Weimar.
Avec entre autres Klaus Heydenbluth (Nordhausen), Heike Meyer (Weimar), Katrin Heinke (Erfurt), Fernando Blumenthal (Erfurt) et Gunthart Hellwig (Erfurt)
En collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert, bureau du Land de Thuringe

En 1919, l‘Assemblée nationale siégea à Weimar afin de créer officiellement la première république allemande et la doter d’une Constitution. Mais à l’issue de la Première Guerre mondiale, les conditions générales étaient défavorables. Pas étonnant que ces évènements furent jugés de façon très différente à Weimar ou ailleurs.  Cette promenade dans la ville donne non seulement une idée de la tourmente de l‘époque mais également de l’héritage historique de Weimar en 1919.

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Conférence
Carte blanche à l‘association Weimarer Republik e.V.
Liaison à l‘Ouest, entente à l‘Est –
La politique étrangère de la jeune RFA
10 novembre, 16 h – Musée municipal Weimar
Dr Hans Peter Mensing (Bad Honnef)
Suivie d’une discussion présentée par Prof. Dr Torsten Oppelland (Iéna)
En collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer

De nos jours, personne ne remet en question le fait que l’Allemagne unie fasse partie des démocraties occidentales et soit membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Mais il y a 70 ans, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, ce développement n’était pas prévisible. Dans un contexte de tensions concernant la politique extérieure, le gouvernement Adenauer de la République fédérale nouvellement créée devait trouver sa place non seulement face aux systèmes concurrents de l’Est et de l’Ouest, mais également face à la RDA. Konrad Adenauer fut le premier chancelier allemand à s’engager clairement sur la voie des valeurs occidentales en prônant une intégration occidentale totale. Par contre, la relation avec les pays de l’Est fut marquée par une franche démarcation, bien qu’émaillée de moments de compréhension mutuelle.

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Cérémonie d’ouverture
Lecture et discussion
Un monde multicolore
La diversité est-elle (im)possible ?
10 novembre, 18 h – Notenbank Weimar
Discussion avec Carsten Schneider (Berlin), Emmanuelle Chaze (Berlin)
Présentation : Ralf Finke (Weimar)
Benno Fürmann lit des textes de Voltaire, Diderot, Lessing, Herder et Eribon 

S’appuyant sur la devise du festival de cette année  « D’égal à égal ?! Histoire(s) de relation », nous partons sur les traces des idées françaises et allemandes de la période des Lumières en compagnie de l’acteur Benno Fürmann qui les fera revivre pour nous. Sur base de ces textes historiques, des experts français et allemands se penchent sur la société actuelle, la tolérance et la diversité. Quelle échelle de valeurs et d’actions nous fixons-nous dans une société où la « diversité multicolore » est l‘objectif à atteindre ? Comment cette pluralité est-elle maintenue et vécue au quotidien dans des périodes de changement, comme celle que nous vivons actuellement ? Jeter un regard sur notre propre histoire peut sans aucun doute aiguiser notre compréhension du présent. Et peut-être même donner des impulsions pour le futur ?

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Soirée musicale
« Clins d’œil »
Un regard (musical) amusé sur les relations franco-allemandes
Avec Bérangère Palix (chant) et Thibault Falk (piano jazz)
10 novembre, 20 h – Notenbank Weimar

Bérangère Palix, chanteuse française dont le cœur bat au rythme de Berlin, est devenue l’une des plus importantes représentantes de la chanson française en Allemagne.
Avec son talent tragicomique, elle s’y entend à merveille pour mettre ses chansons en scène, qu’il s’agisse de ses propres compositions ou de reprises de chansons connues telles que Piaf, Brel ou encore Gréco. Elle glisse avec aisance dans la peau de différents personnages et nous raconte de délicieuses histoires pour nous permettre d’accéder au contenu de ses chansons en français, lorsqu’elle ne chante pas directement en allemand.
Dans son programme « Clins d’œil », elle se penche avec humour sur les particularités allemandes et françaises. En tant que Française « en exil librement consenti », elle a fait l’expérience de certains « chocs culturels » qu’elle intègre dans ses chansons. Par exemple, sa première (et dernière) séance de sauna, sa rencontre avec la « table d’anniversaire » à l’allemande ou encore la folie des asperges en Allemagne. Elle recrée la magie du microcosme des Kleingartenkolonies – ces parcelles de jardins urbains – et se penche sur des questions existentielles telles que : la vie d’un bouton Stop dans un ascenseur n’est-elle pas ennuyeuse à mourir ? Pourquoi les Français se font-ils toujours la bise ? La vie ne serait-elle pas plus simple avec un mode d’emploi ?

 

Samedi, 11 novembre 2017

Table ronde
La triangle de Weimar : Mission réconciliatrice ou fin de l’ère de la réconciliation ?

11 novembre, 10 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Kazimierz Wóycicki (Varsovie), Prof. Dr Corine Defrance (Paris), Dr Gunter Hofmann (Berlin)
Présentation : Dr Katarzyna Woniak (Berlin)

Les conflits et les guerres ont toujours des conséquences, soit sous forme de nouvelles guerres, soit de périodes de réconciliation. Plus le passé est douloureux, plus la voie de la réconciliation est longue… Et plus la tâche est ardue sur le plan social et politique pour atténuer l’ombre du passé. Les relations d’après-guerre entre l’Allemagne et la Pologne, d’une part, et l’Allemagne et la France, d’autre part, peuvent être considérées comme une histoire de réconciliation. Cependant, le chemin emprunté de part et d’autre est clairement différent. La table ronde se penche sur la forme prise par ces efforts de réconciliation dans les trois pays ainsi que sur les différentes activités politiques dans ce domaine examinées de manière critique. Après tout, il est plus que d’actualité de se poser la question de la pérennisation : la réconciliation est-elle une mission à durée illimitée ou assiste-t-on à la fin de l’âge de la réconciliation ?

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Table ronde
Carte blanche à la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté
« Coiffure à la garçonne et jupes courtes »

Droits des femmes de la Constitution de Weimar à aujourd’hui
11 novembre, 11 h
Musée municipal Weimar
Dr Jürgen Frölich (Gummersbach), Dr Kerstin Wolff (Cassel), Jan Fleischhauer (Munich), Katrin Christ-Eisenwinder (Erfurt)
Présentation : Hartmut Kaczmarek (Weimar)
En collaboration avec l’association Weimarer Republik e.V.

C’est pendant la République de Weimar que fut accordé le droit de vote tant attendu pour les femmes. Malgré ce succès, l’époque qui suivit ne fut pas rose pour le mouvement d’émancipation des femmes. Il n’y avait pas de relève et la société dériva de plus en plus vers la dictature. En janvier 1919, près de 90 % des femmes se rendirent aux urnes, bien plus que lors d’élections similaires à l’échelle internationale. Lorsque le 6 février 1919 l’Assemblée constituante fut ouverte à Weimar, près de 10 % des députés étaient des femmes. En dépit de cette réussite parlementaire, le bilan de la politique mise en place par les femmes dans la République de Weimar n’est pas très satisfaisant. Étant donné que les députées se concentraient sur les sujets féminins, les débats furent taxés de « sujets de bonnes femmes ». En outre, il était difficile pour les femmes, en particulier dans les partis bourgeois, d’obtenir une place sûre sur les listes pour les élections au Reichstag et au Landtag ainsi qu’aux élections municipales.
La table ronde se penche sur l’égalité au XXIème siècle : à quoi celle-ci va-t-elle ressembler ? Jusqu’à présent, la formule d’usage était : « Féminisme versus égalité des droits ». Mais ne sommes-nous pas déjà en train de nous émanciper du concept de binarité de genre ?

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Table ronde
L’Afrique et l’Europe

Rencontre d’égal à égal ?
11 novembre, 12 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Winfried Speitkamp (Weimar), Prof. Dr Elisio Macamo (Bâle), Dr Ari Awagana (Leipzig)
Présentation : Prof. Dr Dirk van Laak (Leipzig)

Au cours des 150 dernières années, rares sont les régions du monde aussi influencées par les Européens que le continent du Sud. Lorsque l’on pense aux conséquences fatales du colonialisme, les exemples en Afrique viennent immédiatement à l’esprit. Mais même si l’on parle d’« Afrique subsaharienne », les amalgames sont encore très présents. Or l’Afrique est aussi diversifiée que l’Europe et il serait souhaitable de commencer à discuter en dépassant les clichés. Mais est-ce différent de l’autre côté ? Pour de nombreux Africains, l’Europe n’est-elle pas devenue une simple surface de projection indifférenciée, un réceptacle fantasmé de différents espoirs ? La table ronde se penche sur le passé et le présent des relations « eurafricaines », bien sûr d’égal à egal.

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Table ronde
Amitié 2.0 ? Nos relations sur le gril virtuel

11 novembre, 14 h – Librairie Eckermann Weimar
Peter Stawowy (Dresde), Dr Björn Vedder (Munich)
Présentation : Dr Nora Hilgert (Francfort-sur-le-Main)

« Un ami, un bon ami, il n’y a rien de mieux au monde », déclarait Heinz Rühmann en 1930 depuis le grand écran. Mais que signifie vraiment l’amitié ? L’amitié est, entre autres, une relation entre deux personnes ou plus, entre des groupes sociaux voire entre des pays. Le statut est variable et souvent influencé par l’extérieur. Comme on peut le supposer, un facteur d’influence de nos jours sont les réseaux sociaux avec leurs multiples manifestations d’amitiés. Mais peuvent-ils vraiment modifier nos amitiés ainsi que la valeur que nous leur accordons ? Sommes-nous en train de devenir plus superficiels dans nos rapports à autrui, ou notre monde hautement interconnecté nous donne-t-il au contraire plus que jamais l’opportunité de regarder au-delà de nos frontières ?

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Film et discussion
Hommes entre soi. Relations d’un genre particulier ?
Les confréries, passé et présent
11 novembre, 15h30 - Cinéma mon ami Weimar
« The Riot Club »
GB, 2014, 107 min.
Réalisation: Lone Scherfig, Avec: Laura Wade, Sam Claflin, Max Irons

Dans le très sélect Riot Club, la débauche est tout un programme. Dix descendants de la haute-bourgeoisie anglaise célèbrent les excès de la fin du XVIIIème siècle et se tiennent pour la crème de la crème, même parmi les étudiants d’Oxford. En tant que confrérie, ils cultivent leurs propres règles et ignorent celles des milieux qu’ils méprisent – notamment aux dépens des femmes. Mais tout dérape lors d’une enième beuverie.

La projection sera suivie d’une discussion avec Dr Markus Meumann (Erfurt), Dr Felix Krämer (Erfurt), Prof. Dr Barbara Krug-Richter (Sarrebruck).
Présentation : Dr Jens Riederer (Weimar)

Il a fallu attendre le tournant du XXème siècle pour que la science découvre le Männerbund – les confréries – comme phénomène historique. Mais tout le monde en parla alors immédiatement. En 1902, l’ethnologue Heinrich Schurtz tenta de prouver sur base d’un vaste matériel ethnologique que ce sont bien les confréries masculines qui ont fait bouger la culture des peuples et déterminé la direction de leur évolution. Alors que les femmes régnaient au sein de la famille, les hommes s’associaient entre eux, mus par un « instinct social naturel », afin de gouverner la société. Dans son livre « L’oiseau migrateur allemand comme problème érotique » (1912), Hans Blüher affirme que l’instinct social masculin représente le « fondement de la formation de l’État » et est intrinsèquement homoérotique. Le soupçon d’homosexualité, au moins latente, n’a depuis plus jamais quitté la réputation des confréries. Toute aussi présente reste l’affirmation selon laquelle les principes mêmes des confréries dominent encore aujourd’hui l’État et la politique.
En se basant sur des exemples historiques – des confédérations d’étudiants à la franc-maçonnerie en passant par la société secrète des Illuminati au XVIIIème siècle et le Klu Klux Klan US-américain – la table ronde se penche sur la présence des confréries et la domination masculine hier et aujourd’hui.

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Table ronde
(In)justice et responsabilité – Juristes pendant le national-socialisme
11 novembre, 16 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Johann Chapoutot (Paris), Prof. Dr Olivier Jouanjan (Paris), Dr Michael Löffelsender (Weimar)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

Dès la fin de la République de Weimar, de nombreux juristes ont participé à la transformation de l’État dans le cadre du cabinet présidentiel qui entraîna la prise de pouvoir par les nazis. À l’époque national-socialiste, ils étendirent l’interprétation de la loi et de la pratique criminelle selon leur obédience idéologique et influencèrent directement l’organisation raciste de la société allemande. Pendant les années de la dictature nazie, de « terribles juristes » se trouvaient partout : procureurs et avocats, ils furent responsables de sentences draconiennes et de milliers de peines de mort. Dans le cadre des « lois sur l’eugénisme », ils décidèrent de la stérilisation forcée d’hommes, de femmes et d’enfants. Ces juristes étaient également indispensables aux centres névralgiques du régime nazi, tout comme dans les ministères, les administrations, les bureaux ou les autorités d’occupation.
La table ronde composée d’experts français et allemands se penche sur le rôle du droit et des juristes dans la phase tardive de la République de Weimar ainsi que dans le national-socialisme et s’interroge sur les circonstances qui ont conduit à leur influence. Nous nous pencherons également sur l’histoire d’après-guerre de la République fédérale d’Allemagne et la manière dont celle-ci fait face à ce « patrimoine ».

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Table ronde
Mariage pour tous ? – Pas à toutes les époques !
11 novembre, 17 h – Musée municipal Weimar
Dr Daniel Albrecht (Erfurt), Prof. Dr Martin Lücke (Berlin), Dr Simona Slanicka (Berne)
Présentation : Prof. Dr Sabine Schmolinsky (Erfurt)
En collaboration avec l’association Weimarer Republik et la Fondation Heinrich Böll de Thuringe

En juin 2017, le Bundestag a adopté une loi historique, et ce, tout en douceur, sans débats houleux ni discussion dans la société et les médias : le « mariage pour tous ». Historique car jusque dans les années 1960 et 1970, l’homosexualité était susceptible de poursuites pénales, même s'il y avait eu des tentatives de légaliser l’homosexualité pendant la République de Weimar. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que les couples de même sexe soient reconnus par l’État. L’histoire, de l’antiquité à nos jours, montre à quel point la société a souvent changé dans sa manière d’aborder l’homosexualité.

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Film et discussion
« Ein deutsches Leben » (Une vie allemande)
11 novembre, 19 h – Notenbank Weimar
Autriche 2016, 113 min. Déconseillé aux moins de 12 ans.
Réalisation : Christian Krönes, Florian Weigensamer, Roland Schrotthofer, Olaf S. Müller
Discussion avec Olaf S. Müller (Berlin), NN
Présentation : Daniel Gaede (Weimar)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

Brunhilde Pomsel (1911-2017) a tout d’abord travaillé avec un avocat juif, puis avec la station de radio nationale allemande Berliner Rundfunk et de 1942 à mai 1945 comme secrétaire de Joseph Goebbels, le suivant jusque dans le Bunker d’Hitler. Après cinq ans d’emprisonnement, y compris dans le camp spécial soviétique n° 2, elle a poursuivi sa carrière sur la première chaîne de télévision publique allemande ARD. Dans le documentaire « Ein deutsches Leben » (Une vie allemande), elle se penche sur son passé du haut de ses 103 ans. Sans voix off, elle parle de sa vie en tant qu’Allemande ayant eu une histoire extraordinaire et finalement si ordinaire.
La projection est suivie d’une discussion sur les thèmes de la culpabilité, de la morale et de la responsabilité ainsi que de l’opportunisme et du rôle de l’individu dans l’histoire, déclinée au passé comme au présent.

 

Dimanche 12 novembre 2017

Table ronde
Démocratie 20.17
Auto-nettoyage ou auto-destruction ?
12 novembre, 11 h – Librairie Eckermann Weimar
Dr Radosław Marek Buraczyński (Dresde), Prof. Dr Catherine Colliot-Thélène (Rennes), Prof. Dr Jörg Nagler (Iéna)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)
En collaboration avec l’association Weimarer Republik e.V.

On l’entend sur tous les toits : la démocratie occidentale est en crise. Mais le diagnostic est difficile à établir. Souffrons-nous de l’opacité générale de la conjoncture, de la mondialisation ou encore d’une lassitude généralisée face aux élites et à l’État ? Le « peuple » a-t-il perdu de vue la « politique » ou cette dernière a-t-elle perdu son interlocutrice : la société ? Sommes-nous en train de vivre des conditions similaires à la fin de la République de Weimar : l’abandon petit à petit de la démocratie ? Mais comment retrouver un état d’égal à égal entre les responsables politiques et les citoyens dans un contexte actuel plutôt explosif ? Trump, Macron, Orban et Merkel sont-ils « en manque d’alternatives » ? Ou est-ce que « nous allons y arriver », pour reprendre la formule de la chancelière allemande lors de la crise migratoire en 2015 ?

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Table ronde
Weimar – Thuringe – Russie
Responsabilité historique et relations économiques
12 novembre, 12 h
Musée municipal Weimar
Thomas L. Kemmerich (Erfurt), Prof. Dr Ekaterina Dmitriewa (Fribourg/Moscou), Dr Falk Bomsdorf (Munich)
Présentation : Dietmar Grosser (Erfurt)
En collaboration avec la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté

Au tournant du XIXème siècle, la ville de Weimar a développé des relations complexes avec la Russie. Le facteur décisif fut le mariage de la grande-duchesse de Russie, Maria Pawlowna, avec le prince héritier Carl Friedrich von Sachsen-Weimar. Ce mariage hissa le duché de Saxe-Weimar-Eisenach, pourtant petit, relativement insignifiant et peu prospère, au rang d’allié avec la Russie et de sa dynastie de Tsars. Après la fondation de l’Empire en 1871, le paysage politique se centralisa sous la direction de la Prusse. Ayant surmonté deux guerres mondiales, le sort des deux nations était dès lors intimement lié de manière tragique. Après la défaite du national-socialisme, Weimar s’est transformée en base importante pour les forces soviétiques. Avec la chute du « rideau de fer », l’Allemagne alors réunie et l’Union soviétique de l’époque ont dû trouver leur place dans un monde en pleine réorganisation. Au-delà des intersections historiques, nous nous pencherons sur les conséquences économiques de l’embargo de l’UE sur la Thuringe et la Russie, et nous pèserons le pour et le contre de ces sanctions.

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Table ronde
Conflits de voisinage
12 novembre, 13 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Dirk van Laak (Leipzig), Dr Emmanuel Droit (Strasbourg)
Présentation : Prof. Dr Matthias Middell (Leipzig)

La métaphore du voisin invite à la réflexion concernant la proximité et la distance. Que faire lorsque de nouveaux voisins emménagent et veulent dicter les règles de la maison ? Comment réagir lorsque nos voisins jusque-là très sympathiques accueillent les nouveaux arrivants d’une manière pour le moins gênante ? Faut-il se plaindre ou au contraire se taire afin de garder l’apparente harmonie au sein de l’immeuble ? Faut-il se fixer un seuil personnel d’irritation que l’on peut encore tolérer, ou au contraire intervenir de manière « énergique » immédiatement ?
En 2015, l’Allemagne a connu une telle situation. Lorsque de nouveaux locataires ont emménagé, d’autres ont affirmé que cela sonnait le glas de l’harmonie au sein de l’immeuble. Comment doit-on réagir face à l’énervement de nos voisins ? Se pencher sur l’histoire de l’immeuble peut s’avérer utile. Cela peut être rassurant de savoir que ce n’est pas la première crise du genre et que nous possédons une expérience en la matière à laquelle nous pouvons recourir. Nous nous pencherons également sur ce nouvel ensemble formé par les habitants de l’immeuble afin de définir pourquoi l’irritation face aux voisins semble actuellement prendre le dessus.

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Conférence
Comment l’Europe s’est-elle détachée du monde musulman ?
12 novembre, 14 h
Musée municipal Weimar
Prof. Dr Birgit Schäbler (Beirut)
Présentation suivie d’une discussion animée par Prof. Dr Susanne Rau (Erfurt)

L‘Europe et le monde musulman sont unis par des liens séculaires et mouvants. En 1819, Johann Wolfgang von Goethe a expliqué dans « Le Divan occidental-oriental » que l‘Orient et l‘Occident étaient devenus « inséparables ». Lui-même était fasciné par l‘Orient. Les savants et nouveaux intellectuels d‘Orient, quant à eux, préféraient se rendre à Paris. La Ville Lumière jouait en effet à la fin du XIXème siècle un rôle particulier dans l‘histoire entre l‘Orient et l‘Occident. C’est à Paris que dans les années 1880 débuta un débat mémorable concernant l‘Islam dont nous ressentons les effets encore aujourd‘hui. Ernest Renan, considéré comme l‘un des meilleurs savants de son époque, donna une conférence à la Sorbonne dans laquelle il affirmait l‘incapacité de l‘Islam et des Musulmans à la pensée scientifique et donc leur incapacité à s‘orienter vers l'avenir. Indignés, les intellectuels et érudits musulmans – d‘Istanbul à l‘Inde – s’emparèrent de leur plume pour rejeter ses thèses. Leurs réponses illustrent la manière dont l‘Islam moderne a surgi : en débat avec l‘Europe.

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Table ronde
« Quel est ton rapport à la religion ? »
Histoire des relations interreligieuses
12 novembre, 15 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Hartmut Zinser (Berlin), Prof. Dr Jörg Rüpke (Erfurt), Lutz Kleveman (Budapest)
Présentation : Dr Ulrike Ludwig (Erlangen-Nuremberg)

La question de savoir quelles religions appartiennent à l‘Allemagne fut largement discutée ces dernières années dans les chaumières, dans les bistrots et dans la presse. Bizarrement aussi par les athées. Mais ce faisant, s’est-on interrogé sur le rapport qu’ont entretenu et qu‘entretiennent encore aujourd’hui le Christianisme, le Judaïsme et l’Islam, spirituellement et culturellement ? À quelle époque les relations entre les religions ont-elles été en opposition, quand furent-elles pacifiques ou nourries par de vivants échanges ? De quelles expériences passées pouvons-nous tirer des leçons pour le présent ?
La table ronde examine la manière dont les grandes religions se sont comportées les unes par rapport aux autres, de l‘Antiquité à nos jours, et dans quel réseau de relations elles se situent. Nous embrasserons une perspective à la fois temporelle et spatiale puisque nous nous pencherons tant sur l‘Europe de l’Ouest que de l‘Est.

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Table ronde
Étrangers ou amis ?
Relations franco-allemandes aux 19ème et 20ème siècles
12 novembre, 16 h – Musée municipal Weimar
Prof. Dr Jörg Requate (Cassel), Prof. Dr Nicole Colin (Aix-Marseille)
Présentation : Prof. Dr Armin Owzar (Paris)

De part et d’autre du Rhin, il est courant de retracer l’évolution positive des relations franco-allemandes de manière linéaire : comme une relation caractérisée jusqu’en 1945 par un soi-disant « ennemi héréditaire » ayant finalement abouti à un partenariat d’égal à égal bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’issue de décennies de discussions, de rapprochement et de réconciliation. En réalité, la relation franco-allemande a été marquée par de nombreuses guerres depuis l’époque de la Révolution. Cependant, il y a toujours eu des phases de paix et d’échange mutuel, d’interdépendance et de coopération. C’est cette relation complexe et diversifiée entre la France et l’Allemagne que nous analyserons dans le cadre de cette table ronde.

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Table ronde
Révolutions et bouleversements sociaux –
Rêve, terreur et désillusion
12 novembre, 17 h – Librairie Eckermann Weimar
Prof. Dr Jörg Barberowski (Berlin), Dr Bérénice Zunino (Besançon), Frank Richter (Dresde)
Présentation : Dr Justus H. Ulbricht (Dresde)
En collaboration avec l’association Weimarer Republik e.V.

La légendaire « flamme de la révolution » peut éclairer une époque, attiser les foules… et parfois consumer ceux qui l‘ont allumée. Après les révolutions iranienne, orange et arabe, nous jetons un regard désenchanté sur les révolutions des XVIIIème, XIXème et XXème siècles, tout en continuant à rêver de faire danser l‘histoire (même dans des époques difficiles). Sommes-nous sur un pied d’égalité avec les révolutionnaires d’hier ? Les regardons-nous d’une manière condescendante ? Ou au contraire les prenons-nous en exemple ?

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Discussion
Un monde sans frontière – vision naïve ?
Relations germano-israéliennes dans le contexte de l‘Europe et du Proche-Orient
12 novembre, 19 h – Librairie Eckermann Weimar
Daniel Gaede (Weimar) en discussion avec Prof. Dr Moshe Zimmermann (Jérusalem)

Les frontières séparent, mais elles peuvent également protéger ce qui nous appartient sans mettre autrui en danger. Cela vaut tant sur le plan privé qu’au niveau de la société et des États. Mais qui a tracé les frontières en Europe et au Moyen-Orient ? Et pourquoi ? Qui définit les catégories séparant les gens contre leur gré ? « Allemands », « Juifs », « Israéliens », « Syriens », « Palestiniens », « Chrétiens », « Musulmans » en « Europe » et au « Proche-Orient » : seules la profondeur historique et l’acuité politique permettent de dépasser les catégories qui attisent les conflits et les guerres au lieu d’y mettre un terme. Si l’on veut garder une vue d’ensemble, il est nécessaire d’avoir à l’esprit au moins le siècle passé et d’embrasser géographiquement non seulement l’Europe mais aussi l’ancien Empire ottoman et l’Afrique du Nord.

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Stéphane Hessel : 100ème anniversaire
Combien d’échec l’espoir peut-il endurer ?
« Ô ma mémoire. Poèmes qui me sont indispensables »
12 novembre, 20 h – Notenbank Weimar
Dr Michael Kogon (Füllinsdorf, Suisse), NN
Présentation : Fritz von Klinggräff (Genève)
Regine et Detlef Heintze lisent des poèmes de Stéphane Hessel sélectionnés par Dr Michael Kogon. Avec Silke Gonska et Frieder W. Bergner et la chorale des jeunes de l’association schola cantorum weimar (dirigée par Cordula Fischer)
En collaboration avec la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora

La poésie a aidé Stéphane Hessel à vivre et à survivre, à être profondément humain et à donner de l’espoir à autrui. Les innombrables poèmes qu’il connaissait par cœur nous permettent d’accéder non seulement à la vie de Hessel, mais également à sa personnalité. Combattant, déporté, diplomate, optimiste, amateur de poésie, philosophe, philanthrope – une vraie personnalité contrastée. Stéphane Hessel aimait la liberté et la justice, la médiation et la paix, la poésie, la sagesse, l’humanité, la création. Une magnifique palette de couleurs pour une seule et même réalité : l'amour de la vie. C’est cet amour de la vie sous toutes ses facettes qui a permis à Stéphane Hessel d’exercer une telle influence. Nous le gardons en mémoire comme un modèle, un grand cassandre et l’« homme au sourire » qui savait montrer son attention, son intérêt et son respect pour autrui.

 

CINÉMA

Vendredi 10 novembre, 14 h
Cinéma mon ami
« Wege zu Kraft und Schönheit » (Voies vers la force et la beauté)
D, 1925, 104 min.
présentation : Dr. Jens Riederer (Weimar)

Basé sur le mouvement de sport populaire et de culture physique des années 1920, le film fait l’apologie de l’entretien physique et montre, dans des scènes de film muet stylisées, le soin du corps, la gymnastique, le sport et la danse, ainsi que des sportifs nus posant devant une toile de fond antique. Le corps parfait devient un objet de culte, l‘entretien physique la voie vers la santé et l‘aspiration nationale. « Wege zu Kraft und Schönheit » est l‘une des premières productions long-métrages de l’office du film culturel de la société allemande de production et de distribution UFA. À partir de 1918, cet office traitait des thèmes considérés comme pertinent pour la culture et la société par le biais du genre du « film culturel », mélange de documentaire et de long-métrage.

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Samedi 11 novembre, 13 h
Cinéma mon ami
« Mädchen in Uniform » (Jeunes filles en uniforme)
D, 1931, 98 min.
présentation : Dr. Jens Riederer (Weimar)

Après la mort de sa mère, Manuela von Meinhardis, alors âgée de 14 ans, est envoyée dans un internat pour jeunes filles nobles où règne une stricte autorité prussienne. L’adolescente a du mal à se soumettre à ce monde sans chaleur ni amour. Son seul rayon d’espoir est Mlle von Bernburg, une institutrice compréhensive et également très populaire auprès des autres jeunes filles. Un scandale éclate lorsque Manuela tombe amoureuse de la jeune femme et clame haut et fort son amour après la représentation d’une pièce de théâtre. La directrice horrifiée impose à Manuela une discipline militaire. La jeune fille finit par voir le suicide comme seule alternative. Le premier film au monde dans lequel le casting est composé uniquement de femmes fut interdit sous le national-socialisme en raison de sa critique sans ambages de la discipline et de l‘ordre allemands.

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Dimanche 12 novembre, 15h30
Cinéma mon ami
« Hiszpanka » (Influence)
Fantaisie historique, PL, 2015, 121 min., OmdU
Réalisation : Łukasz Barczyk
Présentation : Bernd Karwen (Leipzig)

La fantaisie historique de Barczyk traite d’un épisode ayant eu lieu en 1919 à l’issue de la Première Guerre mondiale. Lors du « soulèvement de Poznan », un groupe de conspirateurs de génie tenta par le biais de méthodes métaphysiques de rapatrier de l’étranger le pianiste virtuose et futur premier ministre polonais Ignacy Jan Paderewski. Malheureusement, ils furent confrontés du côté allemand à un bandit tout aussi ingénieux en la personne du docteur M. Abuse, un médium douteux. Grâce à diverses astuces, les deux camps essaient de se débarrasser l’un de l'autre et de retourner le cours de l’histoire en leur faveur. L’Histoire se décline ici dans une version steampunk opulente et l’esprit d’une époque renaît à grand renfort de travellings audacieux, d’astuces élaborées et un amour du détail dans les décors, les costumes et l’architecture. Honneur est également rendu au cinéma de l’entre-deux-guerres, en particulier à Fritz Lang, le maître germano-américain de la conspiration sur grand écran.

 

Pour plus d’informations : HUwww.weimarer-rendezvous.de
Entrée libre à tous les évènements.

Organisation : Ville de Weimar et Association des amis des Rendez-vous de Weimar avec l’histoire